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Convergences des luttes

Dimanche 21 septembre 2008

Grève sur le RER B les 22 et 23 septembre

 

RER B : interconnexion interrompue à Gare du Nord, connexion des luttes RATP-SNCF pour le service public sur les rails !

 

Lundi 22 septembre, les cheminots du RER B seront en grève en même temps que leurs collègues de plusieurs lignes SNCF de Paris-Nord. Mardi, les agents de la RATP du RER B (partie sud) leur emboîtent le pas, après avoir déjà engagé une lutte de haut niveau en mai/juin.

Les uns et les autres affrontent les mêmes choix et leurs conséquences. Le projet « d’interopérabilité » de la ligne B, exploitée conjointement par la SNCF et la RATP, se traduit par des suppressions d’emploi et une nouvelle dégradation des conditions de travail. Pas du tout par une amélioration du service rendu.

En toile de fond de la décision du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), il faut dire que se trouve une autre préoccupation : préparer la mise en concurrence de la ligne en anticipant l’application du règlement européen sur les transports de voyageurs. C’est donc directement la logique de privatisation que combattent les agents.

Le projet en cours d’ouverture d’une ligne spéciale « CDG-express », doublant le RER B, entre Roissy et Gare de l’Est, pour des clients privilégiés, illustre cette logique de destruction du service public de qualité pour tous. CDG express, réalisé par la SNCF, sera confié à Véolia !

Tous les agents des transports urbains franciliens sont concernés, comme les usagers qui, à raison, se plaignent des dysfonctionnements croissants de la ligne B. Derrière, il y a un choix politique : l’argent pour le service public ou pour le privé.

Plus que jamais, nous portons notre proposition d’un monopole public RATP/SNCF des transports urbains en Ile-de-France.

Soutenons l’action des agents SNCF et RATP du RER B !

 

Voir notre article de juin.

Par Collectif PCF RATP Bus - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008

Embauches RATP : le même statut pour tous, le statut du service public !

 

Machinistes et ouvriers, nous sommes fiers de nos métiers qui répondent à un besoin réel et croissant des usagers, de la région et du pays. Nous effectuons un travail d’intérêt général qui est aussi un travail particulièrement éprouvant et pénible.

Générations après générations, les agents ont construit ce service public et ont conquis par leurs luttes des acquis sociaux importants que les autorités et la direction de l’entreprise ne cessent de remettre en cause pour aller à la privatisation de notre entreprise.

Nous continuerons à les défendre, à nous battre pour en gagner d’autres, avec nos futurs collègues, les jeunes qui seront embauchés dans les mois à venir.


La direction de le RATP fait actuellement beaucoup de bruit autour de son opération « Villebus ». Un bus sillonne les quartiers d’Ile-de-France pour présenter les emplois dont elle a besoin. En effet, elle est dans l’obligation de recruter plusieurs milliers de salariés en 2009, dont 2300 machinistes et 900 ouvriers de maintenance.

Grâce à nos luttes, la direction est obligée de compenser les départs. Nous nous en félicitons. Mais le compte n’y est pas. Quasiment aucun poste n’est créé malgré l’alourdissement de la charge de travail (ex : augmentation de la circulation en soirée et week-end).

 

Mais la direction essaie de faire passer sous silence le statut dégradé qui attend les nouveaux embauchés.

Le décret du 1er juillet 2008, suivant la contre-réforme de notre régime de retraite, prévoit que les agents recrutés après le 1er janvier 2009 ne bénéficieront pas des dispositions actuelles liées à la prise en compte de la pénibilité, des « bonifications » (entre autres le 1/5ème) qui permettent un départ anticipé à la retraite dans des conditions plus correctes.

 

En aucun cas, nous ne pouvons accepter ce « double statut », une nouvelle attaque contre tous, une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du service public.

 

Qui peut accepter que la pénibilité soit prise en compte pour les uns et non pour les autres qui effectuent le même métier?

Qui peut accepter la division que la direction veut instaurer dans l’entreprise pour casser notre capacité de cohésion dans la lutte ?

Qui peut être dupe du maintien à terme des droits des agents actuels, rapidement minoritaires ?

 

La prise en compte de la pénibilité de nos métiers, en partant des conditions existantes, pour tous n’est pas négociable !

A nouveau, sur ce sujet, la direction tente de jouer l’entourloupe de la « négociation » pour faire passer de nouveaux reculs. Elles lient l’avenir des nouveaux agents aux « négociations » nationales sur la pénibilité qui sont au point mort depuis 4 ans. Alors que la prise en compte de la pénibilité à la RATP devrait servir de modèle pour les autres entreprises et secteurs, à commencer par les filiales, ces « négociations » partent de zéro.

 

Maintenant l’expérience est faite. L’ouverture de négociations, sans base préalable, au beau milieu de la mobilisation de novembre 2007, a été le moyen de court-circuiter notre mouvement, malgré l’ampleur de notre mobilisation, de celle des cheminots et des électriciens, gaziers…

Le double-statut est ainsi passé dans le décret, sans même avoir été évoqué dans les « négociations », desquelles ont été évacués tous nos objectifs de lutte : refus de l’allongement de la durée de cotisation et maintien des 37,5 annuités, refus de l’instauration de la décote, de l’indexation sur les prix…

Avec ces dispositions, le double statut, c’est une véritable double-peine pour les nouveaux embauchés et pour nous tous d’ici peu avec la suppression des bonifications.

 

Aujourd’hui, toutes nos batailles sont liées. La question du statut, des conditions de travail, retraites, salaires. Elles se heurtent et s’opposent au processus de mise en concurrence et de privatisation.

 

Vraiment le dossier des retraites n’est pas clos ! Tout ce que nous avions dénoncé en 2007 s’est révélé exact. La nouvelle étape de la casse de notre régime ouvre la voie à la suite de la casse du régime général (41, 42 annuités, etc) et a levé un obstacle à la privatisation de l’entreprise.

Notre pouvoir d’achat fait directement les frais de la privatisation. Officiellement 1,5% d’augmentation cette année, en fait 0,9 en moyenne, pour une inflation à 4% ! Dans le même temps l’excédent d’exploitation de la RATP a grimpé de 10% en 2007. Mais l’argent sert à acheter des opérateurs privés à l’étranger, à faire le lit des privatiseurs.

 

Aujourd’hui, la perspective politique part du développement des luttes.

 

Depuis notre bataille sur les retraites de novembre 2007, la mobilisation n’a jamais cessé à la RATP, toujours contre la même logique. En juin, les agents du RER B ont entamé une lutte d’un haut niveau contre la remise en cause de leurs emplois et conditions de travail, directement liée à la préparation de la mise en concurrence.

Dans tous le pays, les luttes se sont généralisées dans de nombreux secteurs: les enseignants et les lycéens, les agents de l’audiovisuel public, les agents des impôts… SNCF, Poste, RATP, les similitudes de situation sont plus étroites que jamais. Les postiers amplifient leur action et ont fixé une première grande journée d’action pour le 23 septembre contre la privatisation partielle.

Dans le privé aussi, les luttes se multiplient notamment pour les salaires, contre le sabotage des activités industrielles. Le 16 septembre a lieu à Amiens une manifestation nationale autour des ouvriers de Goodyear.

A chaque fois, la caractéristique de ces luttes est qu’elles portent l’intérêt général.

 

Pour nous communistes du collectif PCF-RATP-Bus, l’alternative politique immédiate se trouve dans ces luttes, dans leur convergence et non dans l’attente d’une éventuelle alternance en 2012. Ensemble, nous pouvons commencer à mettre en échec la politique au service du Medef.

 

Pour la RATP, nous avançons des axes de contre-offensive à l’attaque capitaliste contre notre service public:

 

Défense et extension du monopole public RATP-SNCF des transports urbains en Ile-de-France (extension aux réseaux de banlieue, à commencer par l’intégration pleine et entière des filiales de la RATP).

Rejet de l’application des directives et règlements européens de mise en concurrence. La casse des services publics avec l’UE n’est pas une fatalité, c’est un choix fait en France par le gouvernement. Les responsabilités du STIF et de la Région (et de son exécutif PS) sont aussi directement posées. Ils doivent cesser de préparer la marchandisation!

 

Nous vous proposons de venir en débattre à la Fête de l’Huma

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Mercredi 10 septembre 2008

FETE DE L'HUMA 2008 -


Le stand du
Collectif PCF-RATP-Bus, avenue Salvador Allende (à 150 mètres de l’entrée sud du parc).

 

PROGRAMME:

 

Vendredi 12 septembre :

 

- 18h30 : Inauguration du stand avec nos camarades du 15ème.

 

Nos activités permanentes:

Le pilier : le bar fraternel

Restauration légère: andouillettes au vin blanc.

       

Samedi 13 septembre:

 

16h00: rendez-vous des militants

 

- 18h00, DEBAT

"La défense du service public RATP dans la convergence des luttes à la rentrée. Les leçons de la bataille de l’an passé. Le rôle de l’organisation communiste à l’entreprise."

Introduction par Stéphane Auriol, dépôt de point du Jour,

secrétaire du collectif PCF-RATP-BUS, membre du CN du PCF.

Le débat sera suivi d’un grand couscous fraternel des camarades de la RATP, organisé par les camarades du dépôt de Croix-Nivert  (12 euros)

 

Animation musicale (chansons françaises) par les "Copains du quartier" -

Machinistes du dépôt de Flandre

 

Dimanche 14 septembre :

 

- 11h00 : point sur la pétition pour le retrait des troupes d’Afghanistan et la sortie de la France de l’OTAN. 

 

-  14h30 : DEBAT - 34ème congrès du PCF – « Engageons-nous pour un PCF idéologiquement fort qui mène le combat de classe »

 

 

 

 

 

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Lundi 8 septembre 2008

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Mardi 12 août 2008

Retraites RATP. Plus que jamais une bataille à mettre au cœur de la rentrée des luttes. Documents nouveaux. 1- le décret du 30 juin 2008


L’été 2008 marque l’annonce d’une nouvelle étape dans le démantèlement du régime de retraite de la RATP.

Le décret du 30 juin 2008 :

La contre-réforme s’applique depuis le 1er juillet. Un nouveau décret fixant le nouveau « règlement des retraites du personnel de la RATP » a été publié le 30 juin 2008.

Il reprend et intègre tous les reculs fondamentaux déjà présents dans le décret du 15 janvier 2008 comme dans le projet initial du gouvernement: allongement de 37,5 à à 40 puis 41 ans de la durée de cotisation, établissement d’une décote (5% par année manquante en fin de processus), indexation des pensions sur les prix. Les négociations engagées après l’interruption de la lutte n’ont strictement rien changé sur l’essentiel.

Le décret entérine des modifications ponctuelles (conjoint survivant, ouverture de droits à pension en dessous de 15 ans d’activité…), tantôt favorables, tantôt défavorables aux salariés mais visant une mise à niveau avec le régime général et le régime de la fonction publique.

Le nouvel article 20 du règlement limite désormais le bénéfice des bonifications de service, dont le 1/5ème, pour les personnels relevant des tableaux B et A (opérateurs – machinistes – ouvriers… - 80% des personnels) aux salariés « dont l’admission à la régie a été prononcée antérieurement au 1er janvier 2009 ».

Pour les nouveaux embauchés : que dalle ! Peut-être des miettes de compensation avec les négociations oiseuses sur la pénibilité.

Cette inégalité de traitement est inacceptable. Elle sera invivable dans les attachements. Comme le reste, ce recul social porte en lui la privatisation.

L’expérience est faite, comme nous le dénoncions dès le départ : la casse de notre régime de retraite a pour but de faire sauter les verrous du nouveau recul du régime général et de la privatisation. Tout l’enjeu de la lutte de l’automne 2007 demeure avec cet impératif de ne pas laisser la division statutaire s’instaurer au cœur de nos dépôts.

La question des retraites, de leur défense et de l’abrogation des décrets, est toujours aussi d’actualité dans la « rentrée des luttes », interprofessionnelle, à laquelle nous voulons contribuer.

D’autant encore que d’autres étapes se précisent.

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Mardi 12 août 2008

Retraites RATP. Plus que jamais une bataille à mettre au cœur de la rentrée des luttes. Documents nouveaux.

2- le rapport du sénateur Auban

 

Le rapport du Sénateur Bertrand Auban.

Bertrand Auban, sénateur PS, a déposé au Sénat le 9 juillet un rapport d’information sur la caisse de retraite RATP. Il fait le point sur plusieurs questions, d’ordre différent, qui nous intéressent. Sans surprise, nous constatons que M. Auban, comme son parti et comme nous l’avons vu pendant la lutte rentre dans la même logique que le gouvernement UMP.

Une partie concerne le fonctionnement de la nouvelle caisse de retraite autonome établie à la suite des décrets du 26 décembre 2005 que nous avons combattus et dont nous continuons à demander l’abrogation.

On notera le constat que les retraités doivent attendre plus d’un mois pour obtenir un rendez-vous. On notera aussi, qu’à la suite de l’insuffisance du financement de l’Etat en début d’année, la Caisse a dû emprunter et s’acquitter à nos dépens de 221.699 euros d’agios en 2007. Bravo ! On notera aussi que pour « baisser les coûts de gestion », le rapporteur propose d’accélérer la substitution des personnels statutaires détachés et d’accélérer la « dématérialisation » des dossiers avec internet, dont les pensionnés d’autres régimes subissent les conséquences.

Le plus important a trait au financement du régime.

Le sénateur Auban demande avec insistance la finalisation de l’adossement au régime général et aux complémentaires. Nous dénonçons depuis le départ les conséquences de cette disposition qui semble technique mais qui porte la fin du lien direct entre le financement des retraites, la Régie et l’Etat et qui rend privatisable notre entreprise, suivant l’exemple d’EDF-GDF.

La CNAV, l’AGGIRC-ARRCO assureraient le paiement des retraites correspondant aux prestations du régime général et des complémentaires en contrepartie de la perception des cotisations sociales et d’une « soulte », un forfait payé par l’Etat, calculé de façon à compenser les effets de la reprise des pensionnés actuels.

Les décrets de 2005 n’ont toujours pas été totalement appliqués, sans doute dans l’attente de la contre-réforme des régimes spéciaux et pour ne pas aggraver le déficit budgétaire. La « soulte » n’a pas été fixée (on parle de 500 à 700 millions). Le rapport Auban laisse à penser que le gouvernement va remettre le couvert.

Auban fait semblant de s’étonner que le gouvernement n’ait pas chiffré l’impact financier de la contre-réforme du régime RATP. Confirmation : malgré les discours, le but n’est pas de faire des « économies » mais de casser l’entreprise publique et les repères sociaux qu’elle porte.

Auban acte que les effectifs actifs de la RATP ne devraient pas évoluer, creusant le déficit démographique. Là aussi, il y a problème de fond : le besoin de transport en commun en Ile-de-France s’accroît mais on n’embauchera pas, en tout cas sous statut (la RATP rachète des réseaux de banlieue qu’elle filialise hors statut).

Dernier point marquant du rapport, Auban reprend les propos du ministre Woerth sur la Commission européenne. Voilà l’arme qui se veut fatale du pouvoir pour finir de casser notre régime. Après l’adossement, l’Etat ne versera plus pour nos retraites que le montant correspondant à nos soi-disant « avantages spécifiques ».

Pour les liquider, il y a fort à parier que le gouvernement et ses amis de Bruxelles invoqueront la « distorsion de concurrence » avec les opérateurs privés à qui les mêmes et le STIF auront ouvert les transports franciliens. L’entreprise RATP pourra, pour calmer le jeu social, après un semblant de « négociations » maintenir quelques miettes…

Par delà les artifices techniques, tout est lié pour démolir le service public d’entreprise publique RATP et la référence sociale qu’elle a pu représenter.

Dans la suite et la convergence de toutes les luttes de 2007/2008, toutes porteuses de l’intérêt général, la reprise de la bataille contre la casse des régimes spéciaux de retraite tient une place toujours centrale. Nous nous efforcerons de contribuer à alimenter cette lutte hautement politique.

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Jeudi 24 juillet 2008

Le tramway de Marseille revient définitivement à la RTM : une victoire totale !

 

Nos collègues et camarades de la Régie des transports de Marseille en sont à demander le remboursement de leurs 46 jours de grève de fin 2005.

Nous avions à l’époque essayer de relayer et de soutenir leur lutte contre le choix de la municipalité de Marseille et de la Communauté urbaine de livrer la gestion du nouveau tramway à Véolia.

Après plusieurs victoires d’étape, notamment juridiques, la bataille est définitivement gagnée depuis que les nouveaux élus de la Communauté urbaine, ont attribué toute l’exploitation et la gestion du tramway à la société public RTM, au début juillet 2008. 

On ne s’y trompera pas, au-delà des jugements et de la décision politique finale, c’est bien la lutte qui a été décisive en dénonçant sur le fond, en direction du plus grand nombre des usagers, le cadeau fait au privé aux dépens de tous, usagers, agents, contribuables. On se souvient aussi de la tentative d’interdiction de la grève sous prétexte qu’elle aurait été « politique ». Sur ce plan là aussi, nous avons tous intérêt à valoriser cette victoire.

Maintenant que tous les acteurs leur ont donné raison, on ne comprendrait effectivement pas pourquoi les traminots grévistes ne verraient pas leurs jours de grève remboursés.

Ils n’ont fait que se battre pour l’avenir du service public, pour l’intérêt général.

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Mercredi 9 juillet 2008
REPRESENTATIVITE SYNDICALE/35 HEURES: NE PAS LAISSER ESCAMOTER LE DEBAT MALGRE LE VOTE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE

Lien vers notre analyse
Lien vers un dossier sur le projet de loi

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Jeudi 26 juin 2008

Conseil national du PCF des 25 et 26 juin 2008 - préparation du 34ème congrès du PCF

Intervention de Stéphane AURIOL, fédération de Paris, secrétaire du collectif PCF RATP BUS

Les communistes ne peuvent pas accepter que les directions préparent le congrès en dehors de la réalité des luttes, de la place que le PCF devrait y prendre, mais n’a pas prise dans la dernière période. Le 1,93% aux présidentielles correspond à un discrédit profond de la stratégie imposée depuis plusieurs congrès. Militants communistes à l’entreprise, nous le ressentons durement, notamment à la RATP pour ce que je connais le mieux.

Je m’aperçois que la direction cherche à nouveau à faire l’impasse sur son bilan pour mieux continuer, envers et contre tout, dans la même direction : diluer l’identité du PCF, ses positions fondamentales, son organisation spécifique. Après les présidentielles, elle avait mis, ici même, souvenons-nous en, en question « l’existence même » du Parti. Depuis l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007 l’a désavouée. Pourtant, s’il n’est plus explicitement question de faire disparaître le parti, le processus qui y mène depuis des années est confirmé à ce stade de la préparation du congrès!

Pour le congrès, on ne peut séparer le projet, la perspective, de la stratégie et de l’organisation. Notre situation à la RATP l’illustre.

Ce matin, j’ai écouté Michel Rizzi. Je suis heureux de l’avoir entendu rappeler la nécessité de défendre la nationalisation, de faire du secteur nationalisé un modèle structurant sur le plan économique comme sur le plan social. Ce sont nos positions de toujours, plus actuelles que jamais, bien qu’elles aient été délaissées ces dernières années au nom d’une conception ambiguë de la mixité des capitaux et de la notion illusoire et dangereuse de « services publics européens ».

Mais comment prétendre défendre ces positions aujourd’hui, et être crédible auprès des salariés, de ceux qui ont été dans le mouvement en novembre par exemple, sans rupture réelle avec la stratégie et la pratique suivies par les directions du Parti ces dernières années ?

JC. Gayssot n’a-t-il pas défendu des privatisations partielles, d’Air France, de France Telecom ? N’est-ce pas Gayssot qui, dans le cadre de la loi SRU, a pris la responsabilité de préparer la marchandisation du réseau RATP. Maintenant, il veut « dépasser le PCF ». Cela fait longtemps qu’il l’a fait!

A la RATP toujours, qui prépare aujourd’hui les nouvelles étapes de mise en concurrence des transports franciliens dans la perspective de la privatisation sinon le STIF, le Syndicat des transports d’Ile-de-France, dirigée par la majorité de « gauche » du Conseil régional, avec un président PS. Les collègues combattent fortement cette perspective et ses conséquences immédiates : suppressions d’emploi, dégradation sans précédents des conditions de travail et de salaire… Sur le RER B, il y a eu plus de 50% de grévistes ces derniers jours.

Mais comment le PCF peut-il jouer son rôle de point d’appui de ces luttes tant que ses dirigeants, ses élus suivent docilement Huchon ou Delanoë ?

Dans la bataille majeure des retraites, quelle initiative a prise la direction nationale en vue de construire la convergence de lutte entre salariés relevant des régimes spéciaux et salariés relevant du régime général ? Lorsque notre collectif PCF-RATP-BUS préparait la bataille sur cette question, la direction s’en détournait. Ensuite, elle a ignoré les revendications rassembleuses des 37,5 annuités pour tous, du refus de tout allongement de la durée de cotisation.

J’observe la même nécessité de rupture sur les questions européennes alors que la marchandisation du service public RATP, toujours comme exemple, est prétextée par un « règlement européen ». Elle doit être mise à l’ordre du jour du congrès. Le NON des Irlandais, après celui des Français et des Néerlandais, donne un nouveau point d’appui, qui pourrait être déterminant, pour finir de délégitimer les traités, directives et règlements dont le gouvernement se sert pour détruire nos acquis. Quel contresens de chercher à relégitimer le projet capitaliste qu’est l’UE en s’inscrivant dans la proposition d’un nouveau traité, d’une renégociation !

Quel contresens aussi d’aller vers la CES, la Confédération européenne des syndicats, comme Marie-George Buffet l’a proposé avec insistance à Tours. La CES : cet ensemble syndical historiquement tournée vers la collaboration de classe, anticommuniste, suppôt du oui à la « constitution » européenne en 2005…

En 1920, l’une des conditions de l’adhésion à la 3ème internationale était la rupture avec les syndicats « réformistes ». Ce choix d’alors, comme les autres qui ont fait de notre parti un parti révolutionnaire, est toujours aussi actuel. Peut-être même davantage encore au moment où la direction de la CGT est tentée, comme le montre sa « position commune » avec le Medef, de passer d’un syndicalisme de lutte à un syndicalisme de compromis.

Plus que jamais, la question de l’organisation communiste à l’entreprise, de la cellule, abandonnée depuis le congrès de Martigues, est posée pour les révolutionnaires que nous voulons être.

La direction sortante du Parti refuse de se remettre en cause malgré son échec. Elle place la préparation du congrès dans la continuité de sa stratégie désavouée, qui a privé le monde du travail de l’organisation efficace dont il a tant besoin dans la lutte des classes. Ce constat, s’il se confirme, m’amènera à faire partie de ceux qui porteront en direction des communistes une alternative à ce choix de poursuivre le processus de disparition du PCF.

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Samedi 21 juin 2008

La bataille du RER B, au cœur de l’avenir du service public, nous concerne tous

La lutte des collègues du RER B a dépassé toutes les prévisions, avec des taux de grévistes, notamment le 16 juin, côté RATP, comme côté SNCF, nettement supérieurs à 50%. Ce n’est pas qu’un pied de nez au « service minimum » et la manifestation de notre droit de grève. C’est le signe de la gravité de l’attaque et de la portée de la lutte pour l’avenir du service public.

Le STIF a décidé en juillet 2007 d’établir « l’interopérabilité » entre la partie nord exploitée par la SNCF et la partie sud de la ligne, exploitée par la RATP. A priori, le prétexte avancé semble répondre à une louable préoccupation : améliorer la régularité. A y regarder de plus près, ce n’est pas vraiment ça. L’option du STIF s’est traduite maintenant traduite dans les nouveaux contrats STIF/RATP et STIF/SNCF, les directions des deux entreprises essayant de la mettre en place en ce moment.

L’interopérabilité n’amènera aucun bénéfice pour l’usager qui attend avec impatience la rénovation du nord de la ligne prévue pour 2012. Pour les agents, rien que ceux de la RATP, la suppression de la « relève » (changement des équipes à Gare du Nord) se traduirait par la suppression de 16 emplois. La mise à niveau des normes de travail RATP et SNCF donnerait aussi lieu à des difficultés techniques, de nouvelles contraintes et dégradations des conditions de travail, sans compensation.

Mais l’enjeu essentiel de la lutte va encore au-delà. Le STIF, syndicat des transports d’Ile-de-France, s’inscrit pleinement dans la perspective de mise en concurrence et de marchandisation des réseaux de transports urbains d’Ile-de-France. La ligne B du RER, dans sa situation actuelle, n’y est pas adaptée. Quelle entreprise privée, éventuellement même une filiale privée de la RATP ou de la SNCF, aurait intérêt à prendre possession d’une concession sur une moitié de ligne ?

L’interopérabilité cache l’arrière-pensée de préparer la mise en concurrence de la ligne en même temps qu’elle crée un précédent dans la remise en cause des monopoles historiques que RATP et SNCF exercent sur les lignes de transports qui leur ont été confiées en 1948 et 1949.

La ligne spéciale « CDG express », en préparation de Roissy à la Gare de l’est, en doublon de la partie nord du RER B, illustre le choix du gouvernement, de son côté, d’engager à un autre niveau la privatisation. Le trust Vinci s’apprête à se voir accorder le marché.

Le STIF, avec sa majorité de « gauche », ne soit plus jouer aussi la carte de la mise en concurrence et de la privatisation, sur le réseau ferré comme sur le réseau bus. Il est de notre responsabilité politique de rappeler à ses responsables, désignés notamment par la majorité du Conseil régional et celle du Conseil de Paris ce que veut dire défendre le service public d’entreprise publique.

La lutte des agents du RER B est notre lutte à tous, aussi bien sur contre la remise en cause des conditions de travail que contre la perspective de privatisation, donc pour le respect de la répartition des attributions RATP et SNCF sur chaque partie de la ligne.

Le peuple irlandais vient de montrer avec éclat, après les Français et Néerlandais, le refus des peuples de l’UE de la « concurrence libre et non faussée », de ses traités, directives et autres règlements qui servent à nos gouvernants à casser nos acquis, nos services publics. Sur tous les fronts, nous pouvons gagner !

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