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Convergences des luttes

Dimanche 2 décembre 2007

A EDF-GDF, la détermination à combattre la casse des retraites et la privatisation est toujours aussi forte.

 

Provocation de Sarkozy.Tentative d’intimidation contre des militants syndicaux.

 

Sarkozy est un bonimenteur. C’est aussi un menteur.

 

En 2004, il jurait solennellement devant la Nation et les électriciens et gaziers qu’il ne privatiserait pas EDF et GDF. Aujourd’hui, il tente de mettre sur les rails la privatisation de GDF via la fusion avec Suez. Il prépare les esprits à la poursuite de la privatisation d’EDF.

 

Il a osé jeudi 29 novembre prétendre que la privatisation de 3% du capital servirait à financer l’université. La ficelle est vraiment grosse : il tente de dresser les étudiants en lutte et les électriciens en lutte les uns contre les autres, de banaliser la privatisation d’un secteur capital de l’économie à laquelle s’opposent 80% des Français. La méthode n'est pas nouvelle. On se souvient que des privatisations ont déjà été prétextées par les gouvernements précédents par le financement des retraites (Fonds de réserves).

Dans un discours sur le « pouvoir d’achat », alors que le processus de marchandisation et de privatisation de l’énergie, gaz, pétrole et électricité conduit à une envolée des tarifs, c’est de la provocation.

 


La campagne des media aux services du pouvoir pour minimiser les luttes des dernières semaines s'est appliquée à occulter la très forte mobilisation des électriciens et gaziers. Ses effets sont certes moins directement sensibles que ceux de la grève des transports. Elle n’en a pas moins été d’un très haut niveau. A Paris, on a dénombré plus de 60% de grévistes le 14 novembre.

 

Comme à la SNCF et à la RATP, le rejet de la mise en cause des retraites et de la privatisation, la détermination des agents en lutte à les mettre en échec n’ont pas été entamés par l’ouverture des « négociations ». Le mouvement n'est que suspendu. Déjà les négociations sont interrompues et une nouvelle journée d’action est prévue le 6 décembre.  

 

Cette combattivité explique certainement les provocations de Sarkozy. C’est aussi dans ce contexte que prend place la tentative d’intimidation contre les responsables syndicaux CGT d’EDF-GDF Paris. 
Florian Alma, secrétaire général du Syndicat CGT Energie Paris a ainsi été convoqué mercredi 28 novembre au commissariat de police du 9ème suite à des plaintes d’une direction locale de l’entreprise. Il a été retenu plus d’une heure. On reproche aux militants CGT parisiens des actions symboliques de coupure du gaz dans les « beaux quartiers ».

 

En fait, les privatiseurs ne peuvent pas tolérer la capacité de mobilisation et la clarté des revendications exprimées depuis le début du mouvement, comme en 2004 par les électriciens et gaziers CGT de Paris. 
37,5 annuités pour tous, renationalisation intégrale d’EDF et GDF, fusion des deux entreprises : la CGT énergie Paris se bat sur des positions justes, rassembleuses parce qu’elles sont d’intérêt public et national.

 

Communistes du collectif PCF-RATP-Bus, nous assurons nos camarades syndicalistes CGT d’EDF-GDF Paris de notre solidarité la plus totale. Nous dénonçons le plus vigoureusement ces tentatives de répression. Si elles venaient à se répéter, nous nous engageons à mobiliser nos collègues de la RATP.

 

Agents de la RATP, cheminots, électriciens et gaziers en lutte nous sommes engagés dans une bataille dont l’enjeu est capital pour l’avenir du pays. Ensemble, nous pourrons faire plier Sarkozy et son gouvernement.

 
Par Collectif PCF RATP Bus - Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Dimanche 2 décembre 2007

Assemblée « extraordinaire » du PCF, 8 et 9 décembre.  Positions du Collectif PCF-RATP-BUS.

La direction du PCF a convoqué une « assemblée extraordinaire » de délégués de section pour les 8 et 9 décembre. Cette réunion est censée adopter un « mandat » fixant l’ordre du jour du congrès ordinaire de fin 2008. Le projet de mandat ne sera communiqué aux communistes que le 5 décembre. Les 1500 délégués n’auront en tout et pour tout que quelques heures pour en discuter.

En tout point, cette procédure est antistatutaire et antidémocratique. L’assemblée « extraordinaire » est une manœuvre pour esquiver et éluder la remise en cause de la stratégie décidée unilatéralement par la direction du Parti depuis plusieurs années. Elle est pourtant indispensable. L’année 2007 a été marquée par le naufrage électoral de la présidentielle, suivant un recul de notre organisation et une perte de crédibilité manifeste.

Devant la faillite politique de sa stratégie, refuser de soumettre un bilan aux communistes et de remettre ses mandats en leurs mains disqualifie encore davantage la direction du PCF. L’équipe dirigeante tente, envers et contre tout, de poursuivre et d’aggraver sa ligne suicidaire. Depuis la présidentielle, plusieurs des principaux dirigeants ont révélé ce qui est leur visée depuis longtemps: mettre en cause l’existence même du PCF. Le relevé de décision du Conseil national des 6 et 7 octobre finit par cette perspective, encore posée sous forme de question : « faire émerger un nouveau parti » avec dissolution du PCF ou intégration dans une « fédération ».

Le Collectif PCF-RATP-BUS condamne formellement le procédé de « l’assemblée extraodinaire » et son objectif liquidateur. Il mandate son secrétaire, Stéphane Auriol, membre du Conseil national, pour s’exprimer en son nom. Il s’associe et s’associera à toutes les organisations du PCF qui combattent les choix de reniement de l’identité et des positions du PCF. Dans ce sens, il s’associe à l’Appel « Pas d’avenir sans PCF – nous ne voulons pas que le PCF se saborde mais qu’il retrouve sa raison d’être ». Les communistes doivent montrer que cette direction n’a plus de légitimité, se réapproprier leur Parti.

La question de l’avenir du PCF est indissociable de la riposte à la politique au service du capital poursuivie par Sarkozy.

Nous sommes pleinement impliqués dans la lutte contre la casse du système de retraite RATP, prélude à la nouvelle étape du démantèlement de l’ensemble du système de retraite par répartition et à la poursuite de la privatisation de nos services publics. L’action des militants communistes dans leurs organisations de base est essentielle pour le mouvement. Mais la défaillance délibérée de la direction du Parti, ses choix d’alliance dans les institutions comme ses abandons de nos positions de fond notamment sur la propriété des moyens de production, sont lourds de conséquences. Cette situation est au centre de nos préoccupations avant l’assemblée « extraordinaire » et nous rejoignons l’analyse de Stéphane ci-jointe.

Le PCF est un outil historique indispensable au monde du travail pour mener la lutte des classes. Plus que jamais ! Il vivra sans ou même contre sa direction actuelle. Nous serons de ceux qui le feront vivre !

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 1 décembre 2007

Avenir des retraites RATP: négociations : on approche du fond de l’impasse!

La troisième journée des négociations sur l’avenir du régime de retraite de la RATP se déroulait jeudi 29 novembre.

Le PDG Mongin comme le gouvernement n’ont pas bougé d’un pouce depuis le début sur le principal. Aucun des points clefs de leur projet de casse du régime n’est même discuté : allongement de la durée de cotisation, instauration d’une décote, indexation des pensions sur l’inflation. Or ce sont exactement les points qui sont à l’origine du mouvement et sur lesquels les agents en lutte n’entendent pas transiger. De même, la remise en cause de la prise en compte de la pénibilité et des contraintes de service public, notamment l’établissement d’un double statut inscrit dans la circulaire Bertrand d’octobre ne sont pas écartés. Ils sont renvoyés à 2008 et aux discussions générales sur la pénibilité, c'est-à-dire que la base de discussion serait la remise à plat de tout l’existant. Inadmissible !

Les négociations ne peuvent conduire qu’à une impasse. C’est ce qui se vérifie. Les « compensations » ou « aménagements » proposés, d’ailleurs modiques, sont illusoires dans le cadre de la casse du régime de retraite, de la nouvelle attaque qu’elle permettrait en 2008 du régime général, de la perspective de privatisation. Le PDG et le gouvernement se permettent même de reprendre les axes de l’intervention télévisée de Sarkozy soi-disant sur le pouvoir d’achat et de remettre en cause les 35 heures à la RATP en proposant une extension de la capitalisation des RTT sur un compte épargne-temps.

Dans les dépôts, les négociations sont clairement perçues comme une manœuvre tactique du pouvoir et de ses alliés pour désamorcer une lutte qu’ils redoutent sur un sujet capital pour tous le pays, au-delà des seuls agents RATP/SNCF/EDF/GDF… Les militants syndicaux, notamment de la CGT, s’efforcent d’entretenir et d’améliorer le rapport de forces démontré dans la grève en démontant ces calculs. Les conditions d’une reprise du mouvement sont dans toutes les têtes.

A EDF et GDF, les négociations sont interrompues.

Pour les communistes du collectif RATP-Bus, la bataille idéologique dans les dépôts comme vers les usagers reste pleinement d’actualité. Sarkozy n’a pas réussi à obtenir dans la population le quasi-consensus dont il dispose dans la classe politique avec l’appui implicite du PS. Avenir des retraites, du service public, l’enjeu est considérable. Nous continuons à le montrer le plus largement possible comme à construire les convergences de lutte.

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Mercredi 28 novembre 2007

Conseil du 14ème arrondissement

 

3 décembre 2007

 

Vœu déposé par Camille Marques, conseillère d’arrondissement PCF

 

 

Les horaires de circulation des autobus de la RATP ont été étendus, depuis quelques mois, en soirée et le dimanche sur plusieurs lignes traversant notre arrondissement. C’est notamment le cas pour la ligne 28 depuis mars 2007 et la ligne 68 depuis le début novembre. Dans quelques jours, il en sera de même pour la ligne 88. Ces extensions du service public correspondent à un réel besoin exprimé par la population. Cependant, les agents de la RATP des dépôts concernés de Montrouge et Malakoff alertent sur l’'insuffisance des moyens financiers et humains affectés à cette amélioration annoncée de l’offre. Il en résulte une dégradation des conditions de travail avec notamment la remise en cause des grilles de repos et des tableaux de marche, faute de créations de poste en nombre suffisant. La pression s'’exerce sur les agents pour les faire travailler plus d’un dimanche sur deux. Le déficit d'’embauche est en outre de nature à dégrader la qualité du service délivré aux horaires précédemment assurés. Aussi le Conseil d’'arrondissement du 14ème, soucieux de préserver la qualité des prestations du service public de l’'entreprise nationalisée RATP, dans un contexte d’'attaque frontale contre le statut de ses agents dans une perspective de privatisation qu’'il rejette, demande au Maire de Paris d'’intervenir auprès du Syndicat des transports d’Ile-de-France, STIF, et de la direction de la RATP pour que soient attribués les moyens nécessaires à l’'amélioration réelle mise en œœuvre des services des lignes de bus 28, 68 et 88.

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Lundi 26 novembre 2007
Défense des régimes « spéciaux » : la direction du PCF en dessous du service minimum.

 

L’autre volet du processus de liquidation du PCF.

 

Par Stéphane Auriol, membre du Conseil national, secrétaire du Collectif-PCF-RATP-Bus

 

A l’approche de l’assemblée « extraordinaire » des délégués de sections du PCF les 8 et 9 décembre, je voudrais attirer l’attention sur la lutte pour la défense des régimes « spéciaux ». Elle se poursuit même si la grève est suspendue. Cette bataille illustre la gravité pour l’avenir du Parti, comme pour le pays de la ligne d’effacement que la direction du PCF tente de continuer à imposer et la nécessité de ne pas laisser faire.

 

Pour Sarkozy et le MEDEF, la casse des régimes spéciaux de retraite est la « mère de toutes les (contre)-réformes ». C’est en effet le verrou à faire sauter pour engager la suite du démantèlement de l’ensemble du système de retraite solidaire conquis à la Libération, pour mettre en concurrence et privatiser le service public de la SNCF et de la RATP. Il s’agit aussi pour le pouvoir de mettre au pas les salariés qui ont montré la plus forte capacité de mobilisation et de résistance à sa politique.

 

Autant dire que c’est une bataille politique capitale aussi bien pour Sarkozy que pour nous.

 

Les responsabilités du PCF sont très importantes. Il a été à l’origine de ces conquêtes sociales et qu’il continue à représenter un point de repère important dans ces entreprises publiques, SNCF, RATP, EDF et GDF. Malgré la casse des cellules d’entreprise, il reste aussi des milliers de communistes salariés de ces services publics qui pourraient constituer une force considérable pour mener la contre-offensive idéologique.

Les responsabilités du PCF sont d’autant plus grandes que, sur ce sujet comme sur toutes les luttes cruciales du moment, le PS a choisi son camp et ne s’oppose pas à Sarkozy. L’absence de perspective d’alternative politique « à gauche » pèse très lourdement sur la lutte.

 

C’est peu de dire que la direction du PCF n’est pas à la hauteur. Si les milliers de grévistes ne remarquent pas l’existence du PCF, des dirigeants du PCF, ce n’est pas seulement de la faute des media. Ils n’ont pas choisi de s’engager dans cette lutte, comme ils ont choisit d’abandonner le terrain de la lutte des classes en général.

 

A l’été, à l’automne 2006, avec quelques autres camarades, nous n’avons cessé d’intervenir au Conseil national pour que le Parti engage nationalement une grande campagne contre la privatisation de GDF et nous avons alerté sur la privatisation rampante de la RATP. Nous l’avons informé de l’activité de notre collectif pour la combattre.

Le sujet de préoccupation quasi-unique de la direction était alors la constitution des « collectifs antilibéraux pour les candidatures aux élections ». A plusieurs reprises, face aux attaques du gouvernement, j’ai insisté sur l’enjeu politique primordial que constitue la question des retraites des entreprises publiques. La seule réponse que j’ai obtenue a été de m’expliquer de façon agressive que je faisais du syndicalisme « bis » et qu’il était plus important de constituer un « collectif antilibéral » large. Si large qu’il incluait des responsables des syndicats partisans des décrets que nous combattons et que l’on a vu le résultat électoral en terme de rassemblement! La défense des régimes spécifiques a été absente de la campagne de Marie-George Buffet alors que leur remise en cause était un thème récurrent de la campagne des principaux candidats.

 

Depuis l’élection de Sarkozy, notamment à la Fête de l’Huma, la direction du PCF persévère et s’englue délibérément dans la constitution de « comités de riposte » avec le PS. Comment pourrait-on riposter ensemble sur la question des régimes spéciaux ? Tous les leaders du PS, même ceux qui jouent à en être l’aile « gauche », Emmanuelli et Fabius, approuvent une remise en cause des régimes « spéciaux » et l’allongement de la durée de cotisation.

 

On ne doit pas s’étonner après cela que le PCF soit ignoré sinon disqualifié dans le mouvement. Depuis le déclenchement du mouvement, la direction du Parti refuse toujours d’en faire une lutte majeure dans les entreprises et dans le pays. Juste quelques expressions superficielles, sur des positions imprécises. Défendre les régimes « spéciaux » en expliquant que c’est une question marginale ou bien qu’ils ne se fondent uniquement sur la pénibilité, ce n’est pas souligner les enjeux majeurs qui sont autant de points de convergence. Où est la bataille nationale du PCF pour le retour aux 37,5 annuités pour tous ?

C’est bien de dire aux travailleurs qu’on est « à leurs côtés » mais les communistes n’ont pas à être « aux côtés » de ceux qui luttent, mais parmi ceux qui luttent. Ce n’est pas qu’une question de mots.

Mener la bataille politique à l’entreprise, ce n’est pas non plus s’aligner sur les positions des appareils syndicaux, comme se borne à le faire la direction. Il est pleinement justifié que chacun soit à sa place. L’enjeu politique exige une position politique.

 

La direction fait le choix lourd de conséquences de laisser le champ libre à d’autres organisations politiques qui ne veulent pas ou sont incapables de mener la bataille « anticapitaliste » nécessaire et dont la préoccupation historique a été de combattre et d’affaiblir le PCF.

 

Ce n’est pas aujourd’hui que je découvre la stratégie de mutation-liquidation du Parti qu’illustre la situation actuelle. Elle présente deux aspects : d’un côté laisser dépérir le parti à la base, en supprimant les cellules, en privant d’impulsion les sections, en abandonnant le terrain de lutte et le point de vue de classe ; de l’autre côté préparer au sommet la recomposition politique et la disparition du Parti.

 

Notre riposte doit s’effectuer, de façon indissociable, sur ces deux plans.

A la RATP, notre collectif PCF-RATP-BUS, qui existe depuis 2003, a pris l’initiative depuis 8 mois d’une large pétition pour le maintien de notre régime de retraite et pour l’abrogation des décrets qui « l’adossent » au régime général. Avec 4000 signatures dans l’entreprise, nous avons contribué à préparer le mouvement actuel sur un plan politique. Evidemment nous sommes au cœur de la lutte dans nos dépôts et ateliers. Nous faisons regagner de l’influence au Parti dépôt par dépôt sur la seule base utile pour les agents qui se battent : la lutte des classes.

 

De l’autre côté, notre collectif s’exprime et s’associe aux initiatives visant à faire apparaître largement la perspective d’un maintien du PCF et d’un retour à sa raison d’être. Les termes du débat se sont encore clarifiés depuis les présidentielles. Ceux qui ont mis en œuvre la stratégie qui a mené au naufrage ne cachent plus leur volonté de faire disparaître le Parti lui-même. Ils ont fixé le congrès de 2008 comme date butoir et l’assemblée   extraordinaire des 8 et 9 décembre comme étape. Nous devons faire capoter cet ordre du jour et finir de disqualifier la direction liquidatrice. Communistes de la RATP, nous y contribuerons. Plus que jamais, remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes !  

Par Stéphane Auriol - Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 26 novembre 2007
SNCF, RATP : le mouvement n’est que suspendu. Les convergences de lutte se développent !

 

Mardi 20 novembre, plus de 700000 salariés ont manifesté dans les rues des villes de France.

Plus de 50% des enseignants ont fait grève contre la suppression programmée de 11200 postes en 2008. Les agents de la fonction publique manifestaient pour le pouvoir d’achat et les salaires, rejoints dans plusieurs cortèges par des salariés de grandes entreprises privées. Les étudiants, les personnels de la Justice en lutte ont répondu également présents. Le lien s’est établit directement avec l’action des agents de la SNCF, de la RATP et d’EDF-GDF contre la casse de leur retraites.

Cette montée en puissance des convergences de lutte contraint Sarkozy et le gouvernement à précipiter encore son calendrier.

Pour eux, ils faut abattre le plus vite possible la résistance des cheminots et des salariés de la RATP et d’EDF-GDF, qui disposent de la plus forte capacité de mobilisation, avant que la jonction ne s’opère avec les autres mouvements. Politiquement pour Sarkozy, la casse des régimes « spéciaux » est un préalable nécessaire à la nouvelle étape du démantèlement de la retraite solidaire par répartition (les 42 annuités « pour » ou plutôt contre tous) et à la privatisation de ces secteurs cruciaux de l’économie.

Cette priorité explique l’acharnement médiatique sans précédent contre les grévistes, visant à minimiser l’ampleur et l’enjeu de leur bataille. L’ouverture des « négociations » est un calcul pour désamorcer le mouvement. La grève est effectivement suspendue dans les transports, mais seulement suspendue car l’action continue. Comme le pouvoir entend ne rien lâcher sur l’essentiel, l’épreuve de forces devra reprendre.

Il est plus nécessaire que jamais d’expliquer en quoi la défense des régimes dits « spéciaux » nous concerne tous, salariés du public et du privé, retraités, jeunes. Parce qu’elle porte la défense de l’ensemble des retraites, du service public, du droit du travail.

Déjà, le pouvoir a dû revoir certains de ses mensonges. Démonstration a été faite que la casse des régimes spéciaux ne financera pas les « petites retraites » du privé et n’améliorera pas les comptes du régime général. Et pour cause, l’assurance vieillesse devra assumer, à la place de l’Etat, le déséquilibre démographique et à la place des entreprises les sur-cotisations dont elles s’acquittent.

Le pouvoir n’ose plus non plus mettre en cause la réalité de la pénibilité et des contraintes de service public, notamment les horaires décalés. Il tend maintenant un nouveau piège en reportant la discussion à la RATP et à la SNCF à 2008, dans le cadre des négociations que le gouvernement fait traîner depuis 2003 sur la prise en compte de la pénibilité dans le secteur privé. Là aussi, la bataille dans le public porte l’intérêt de tous : ce n’est pas en laissant casser la référence que représentent la SNCF et la RATP que l’on obtiendra des avancées dans les autres secteurs.

Le pouvoir et les media matraquent l’argument fallacieux de « l’équité ». Il est bien écorné par les cadeaux monstrueux, 15 milliards d’euros de déductions fiscales, accordés au plus riches et par une réalité qui ne se sait pas assez : des montants de retraites inférieurs dans le public, 1214 euros par mois contre 1259 en moyenne pour les ouvriers et employés. L’âge de départ effectif est aussi pratiquement le même que dans le privé: 57,5 ans, mais le MEDEF fait payer les dernières années par l’assurance chômage...

Le nivellement par le bas des acquis sociaux est inacceptable. La véritable égalité, c’est le retour aux 37,5 annuités pour tous. Les moyens existent pour cela, c’est une question de choix de société (voir au dos).

Plus que jamais, soutenons l’action des agents de la SNCF, la RATP, d’EDF-GDF…!

Par PCF Paris 15 - Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 26 novembre 2007

Quelques réflexions à propos des négociations

Ils prendront de l’autre main tout et beaucoup plus que ce qu’il donnent d’une main.

Les termes des « négociations » qui commencent aujourd’hui à la RATP et jeudi à la SNCF confirment que le gouvernement et les PDG qu’il a nommés n’entendent rien lâcher sur les quatre points fondamentaux de leur attaque contre nos régimes de retraite : le passage à 40 annuités, l’indexation des pensions sur les prix, l’instauration d’une décote, la remise en cause de la prise en compte de la pénibilité. Ces quatre points ne sont négociables pour eux. Pour notre part, nous devons être absolument intransigeants sur ces quatre points. Les « négociations » ne peuvent qu’aboutir à une impasse.

Pour éviter une nouvelle épreuve de forces et imposer leur contre-réforme, le pouvoir et ses affidés ont retenu deux recettes, en supplément du matraquage médiatique incessant qui s’applique à persuader l’opinion que la question serait réglée.

La première méthode, c’est le calendrier qui étire les négociations jusqu’au 13 décembre à la RATP, au 18 à la SNCF, les décrets étant adoptés pendant les Fêtes. Le calendrier vise aussi à gagner du temps du côté des agents de la RATP et des cheminots pour se retourner contre les fonctionnaires et les étudiants.

La seconde consiste à promettre des « compensations » pour faire accepter la résignation, également pour diviser les salariés selon leur âge et leur catégorie. La liste des sujets soumis à la négociation mercredi 21 novembre trahit le caractère précaire et illusoire des compensations proposées. C’est un véritable marché de dupes. Une fois cassé notre régime de retraites, tout sera remis en cause.

A la RATP, comme à la SNCF, des mesures, peut-être salariales, sont envisagées pour « préserver le niveau des pensions liquidées ». « Préserver » mais au bout de 2 ans et demi de plus! « Travailler plus pour gagner autant » : ce n’est pas une avancée sociale. Si on lâche sur la durée de cotisation, ce ne sera plus 40 mais 41, 42 voire 45 ans !

Il n’y a aucune illusion à se faire sur l’évolution de nos pensions si nous laissons casser nos régimes. Ne perdons pas de vue que l’un des objectifs centraux de la contre-réforme est de rendre possible la mise en concurrence et la privatisation de nos entreprises. La lutte récentes des personnels d’Air France nous donne une idée de l’évolution des salaires et des conditions de travail dans ce contexte : un gel des salaires pendant 5 ans contre une augmentation de la charge de travail… Les conditions de rémunération et de travail des collègues des réseaux de grande banlieue, même filiales de la RATP, comme les Cars d’Orsay ou les Cars TVM nous laissent voir quelles pressions pourront s’exercer contre les salaires.

la SNCF, Mme Idrac a donné un chiffre éloquent. Elle compte obtenir, au nom de la mise en concurrence, la suppression de la sur-cotisation employeur dont s’acquitte la SNCF pour la retraite de ses agents. Elle représente plus de 500 millions d’euros  par an. En échange, et provisoirement, Idrac se dit prête à lâcher 80 millions pour les retraites, parce qu’elle n’est « pas pingre ». 500 millions d’un côté, 80 millions de l’autre, tout de suite entamés par la privatisation rampante…

Détruire les spécificités de nos régimes pour continuer à casser notre statut.

Les PDG et le gouvernement soumettent à discussion des dispositifs qu’ils présentent comme des avancées mais qui n’ont pour but que d’assimiler nos régimes au régime général. Ils entendent continuer à casser notre statut parce qu’il entrave le processus de privatisation et niveler vers le bas les acquis de chacun, salarié du public comme du privé. Aucune amélioration de nos retraites n’est envisageable dans le cadre de la contre-réforme.

- A la SNCF, la direction s’engage par exemple à porter progressivement de 50% à 54% le taux des pensions de réversion (à la RATP, une séance de négociation sera consacrée de même à la « prise en compte des avantages familiaux et conjugaux »). 54%, c’est juste le taux du régime général. Mais alors que la réversion est servie à tous les veufs et veuves de cheminots ou d’agents de la RATP, elle est soumise à condition de ressources dans le régime général, ce qui en exclut un grand nombre. C’est ce qui nous attend !

- Les directions agitent l’idée de créer un régime additionnel en soumettant tout ou partie des primes à cotisation ou en ouvrant des plan d’épargne retraite d’entreprise (RATP). Le précédent de loi Fillon de 2003 concernant les fonctionnaires montre que ces régimes additionnels mordent sur le salaire net pour apporter un supplément de pension dérisoire (avec la très faible durée de cotisation) et incertain car le régime fonctionne par capitalisation en bourse. On doit voir aussi dans ces propositions la volonté de préparer l’adossement de nos régimes aux retraites complémentaires du privé AGIRCC-ARCCO.

- L’exemple le plus manifeste de l’objectif de supprimer tous nos avantages spécifiques est le traitement proposé de la pénibilité. La discussion serait renvoyée à 2008 pour être associée à la suite des discussions interminables engagées depuis 2003 pour le régime général. En clair, le point de départ de la « négociation » sera la situation du privé, c'est-à-dire la mise à plat de tous nos avantages spécifiques (à commencer par le 1/5ème à la RATP). C’est complètement inacceptable ! Egalement pour les salariés du privé. La remise en cause de la référence que constitue la prise en compte de la pénibilité dans nos entreprises ne peut qu’affaiblir les salariés du privé et leurs représentants dans leurs propres négociations et surtout luttes.

Refuser l’adossement de nos régimes au régime général !

Le projet Bertrand-Fillon, la dégradation de nos retraites, va de pair avec les dispositifs d’adossement de nos régimes au régime général et la création de caisses « autonomes » coupées de nos entreprises. L’objectif est de toujours lever un obstacle à la privatisation. Les précédents de GDF et d’EDF parlent d’eux-mêmes. Aucun « investisseur » privé ne rachètera une entreprise qui s’acquitte de la retraite de ses anciens salariés…

A la RATP, les décrets de décembre 2005 ne sont toujours pas entièrement appliqués. Le pouvoir a pris soin d’isoler le plus « gros morceau », la SNCF, et prend garde de ne pas mentionner la question dans le débat d’aujourd’hui. L’adossement au régime général des retraites des cheminots est programmé pour 2008. Une première étape a déjà été opérée avec l’attribution de la personnalité morale à la caisse SNCF.

Cet aspect de l’avenir de nos retraites ne peut être séparé de la bataille actuelle. Plus que jamais à la RATP, nous demandons l’abrogation des décrets de 2005.

A court terme, nos entreprises vont se désengager et laisser les caisses de retraites, gérées de façon « partenariale » avec des représentants des salariés, liquider elles-mêmes nos avantages spécifiques. Nos entreprises et l’Etat refuseront de les financer au nom de la concurrence. Les caisses en faillite n’auront d’autres choix que de les supprimer ou de nous demander à nous-mêmes salariés de cotiser en plus pour les prendre en charge.

En tout point, les négociations qui s’ouvrent sont piégées. L’heure est à examiner comment sortir du piège.

Par Collectif PCF RATP Bus - Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Vendredi 23 novembre 2007

Suspension du mouvement mais la bataille ne fait que commencer !

La plupart des assemblées générales ont voté la suspension de la grève à son dixième jour. Dans certains dépôts, elle continue jusqu’à demain comme à Saint-Maur (64% de grévistes ce matin).

Un peu partout, les agents ont analysé la situation de la même façon. Le coup médiatique autour de l’ouverture des « négociations » a fait ses effets. Le mouvement de reprise s’est étendu hier à la veille du week-end. Il serait maintenant vain de maintenir des îlots de résistance voués à l’épuisement. Cette partie des calculs tactiques du pouvoir a fonctionné. Le piège du calendrier des négociations reste certes devant nous, mais le mouvement dispose toujours de tous les atouts gagnés ces dernières semaines.

1- La grève s’interrompt non pas au terme d’un essoufflement mais presque au plus haut dans les secteurs de l’exploitation. Les taux de grévistes au 9ème jour de grève sont supérieurs à ceux de bien des journées du mouvement de 95. Les batteries ne sont pas vides !

2- Le gouvernement n’a pas gagné la bataille des idées. Dans le pays, malgré une campagne de propagande sans précédent, il n’a pas réussi à jeter la masse des usagers et des salariés contre les grévistes. Au contraire, les prétextes à sa contre-réforme sont tombés les uns derrière les autres (pensons au discours sur l’augmentation des petites retraites grâce aux sacrifices des agents du public). Le lien entre la remise en cause des régimes spéciaux et la nouvelle étape du démantèlement de l’ensemble de la retraite par répartition est de plus en plus largement compris.

Dans les entreprises, il n’a pas pu masquer son véritable objectif : casser nos retraites et préparer la privatisation. Nul n’est dupe du caractère dérisoire et précaire des propositions des directions aux « négociations » devant la gravité de l’attaque.

Le gouvernement est donc réduit à jouer une seule partition : le matraquage médiatique et la résignation. L’intox bat son plein pour faire passer la suspension de la grève pour une défaite définitive. Mais comment parler de défaite alors que la véritable bataille n’a pas eu lieu ?

La question posée est donc celle du moment de la reprise du mouvement. Elle est délicate.

Le cadre des négociations reste incompatible avec les revendications exprimées par les grévistes et notamment par le syndicat CGT. Les 4 points restent toujours aussi inacceptables : allongement de la durée de cotisation, instauration d’une décote, indexation des retraites sur les prix, remise en cause de la prise en compte de la pénibilité.

« Il faut savoir arrêter une négociation ! ». Les assemblées générales et les sections syndicales n’ont pas donné de mandat aux directions syndicales pour négocier l’aménagement de l’inacceptable. On ne peut attendre la fin programmée des « négociations », en pleine période des Fêtes.

La poussée des luttes dans d’autres secteurs, comme la fonction publique et l’Université peut bouleverser le calendrier. Ce n’est pas un hasard si Sarkozy diffère ses annonces bidon sur le pouvoir d’achat. Il ne veut pas provoquer lui-même le regroupement des luttes.

Dans les jours qui viennent, les agents étudieront avec attention le contenu des négociations et continueront à motiver leurs collègues qui ne se sont pas encore inscrits entièrement dans la lutte. La bataille est trop grave pour que leur détermination soit entamée. « On n’est pas en train de faire grève pour un ongle cassé » ! Mais pour les retraites, le service public, la société de nos enfants!

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Vendredi 23 novembre 2007

Constats après le 9ème jour de grève

Au 9ème jour de grève, jeudi 22 novembre, la mobilisation restait très soutenue dans les dépôts d’autobus, comme au métro et au RER.

 

Dans cette phase importante de la bataille, la direction a déployé tous les moyens pour fausser les chiffres. Les pressions sur les jeunes agents non commissionnés, jusqu’à essayer de les faire travailler sur leur temps de repos, sont constantes, comme le recours à la « réserve générale » sur certaines lignes de métro. Selon la direction à 8 heures, 41% des autobus n’étaient pas partis. Un décodage rapide donne un chiffre global de 50 à 55% de grévistes dans les dépôts bus.

 

Globalement, la mobilisation s’est maintenue voire renforcée dans les trois quarts des attachements mais a plus ou moins décroché dans l’autre quart.

 

Les négociations démarrées la veille n’ont pas semé le trouble sur le fond. Leur contenu est clairement inacceptable. Etat et entreprise n’ont pas bougé sur les 4 points qui détruisent notre régime : allongement de la durée de cotisation, instauration d’une décote, indexation des pensions sur les prix et remise en cause de la prise en compte de la pénibilité pour tout ou partie des personnels. Le reste n’est que poudre de perlinpinpin. Tous les sujets proposés à la discussion s’inscrivent dans le cadre rejeté.

 

La préoccupation principale des assemblées générales a été de déjouer le piège du calendrier. Le calcul du pouvoir est limpide : étirer les négociations jusqu’au 13 décembre, au 18 décembre à la SNCF avec la perspective du publication des décrets pendant les fêtes de fin d’année. Il est inimaginable pour les grévistes de rentrer dans ce calendrier.

 

Plusieurs éléments inciteraient à poursuivre et intensifier le mouvement dès les jours décisifs qui viennent :

 

-         La détermination des agents en lutte à la RATP et à la SNCF, localement à l’EDF (54% de grévistes hier à Paris) ne faiblit pas.

 

-         Les convergences se développent avec les autres luttes dans le pays comme la manifestation du mardi 20 novembre l’a montré.

 

-         Le gouvernement, malgré une propagande massive et omniprésente, ne gagne pas la bataille des idées.

 

Cependant la propagande a réussi à troubler l’appréciation de la globalité du mouvement, notamment dans les sites les plus isolés. La propagande officielle s’est évertuée à persuader qu’il y avait une tendance à la reprise au point qu’elle est devenue réalité.

 

Au fil de la journée, le constat a pu aussi être fait de l’absence d’une stratégie globale et cohérente pour donner une nouvelle impulsion à la lutte au niveau de toute l’entreprise RATP, dans ce moment important. Les conditions ne sont pas rassemblées pour la développer immédiatement.

 

Les assemblées générales du vendredi 23 seront amenées à en tirer les conséquences dans le

 

souci de préserver les forces considérables dont la grève a démontré l’existence pour s’opposer et faire plier le gouvernement.

 

Elles seront décisives dans la suite de la bataille dans l’organisation de laquelle les sections syndicales et les assemblées de salariés devront tenir toute leur place.

 

Plusieurs sections syndicales parmi les plus importantes de la CGT Bus ont par exemple demandé que leur syndicat quitte la table des négociations si le cadre inacceptable n’est pas abandonné. 

 

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Jeudi 22 novembre 2007

Pour le gouvernement, tous les moyens sont bons pour désamorcer un mouvement social crucial d’intérêt général.

Trois éléments ont marqué la journée d’hier (21 novembre).

-          Le maintien et souvent la progression de la mobilisation à la RATP, comme à la SNCF, encouragée par le succès de la manifestation interprofessionnelle de mardi.

-          La nouvelle opération médiatique de dénigrement des grévistes au sujet du sabotage des voies du TGV. A qui profite cette provocation ? C’est de ce côté-là qu’il faut trouver les responsables de ces actes, pas du côté des cheminots.

-          L’ouverture des négociations.

Les calculs du gouvernement se confirment. Ces négociations « tripartites » (en fait bipartites) visent à désamorcer le mouvement au moment même où il s’enracine et où les convergences de lutte se développent dans le pays.

Le calendrier retenu cherche à faire traîner les négociations sur plusieurs semaines. A la RATP, la prochaine rencontre aura lieu lundi 26 novembre, l’aboutissement des négociations est envisagé le 13 décembre. Comme il l’avait annoncé, le ministre Bertrand pourra publier les textes réglementaires décisifs à la veille de Noël. Décidément, on se moque des salariés !

Les négociations sur la pénibilité sont repoussées encore plus loin en 2008 et liées à celles du secteur privé qui durent depuis 2003 sans aboutir. La remise en cause des acquis des régimes « spéciaux », de la référence qu’ils constituent, est le plus mauvais préalable possible à la prise en compte de la pénibilité dans le secteur privé.

Sur le fond, le gouvernement et les PDG n’ont pas bougé d’un iota. Tout ce qui est inacceptable n’est même pas discutable : l’allongement de la durée de cotisation, l’instauration d’une décote, l’indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.

Le « grain à moudre » promis par M. Mongin et Mme Idrac, qui n’est pas « pingre » dit-elle, se résume à des « compensations » pour faire passer plus facilement la pilule, notamment les effets de la décote (on passerait du « travailler plus pour gagner moins » au « travailler plus pour gagner autant »). La création d’un régime complémentaire, qui plus est, par capitalisation, à l’exemple du régime additionnel créé « pour » les fonctionnaires en 2003, ne fera non plus que réduire les revenus nets, pour une pension minime et non assurée. Elle attaquerait encore davantage la spécificité des régimes. 

Toutes les mesures que la direction laisse entrevoir sont dérisoires et illusoires. Le gouvernement, demain le MEDEF, compte reprendre d’une main ce qu’il donne de l’autre, et même bien davantage.

Dès que le verrou des régimes « spéciaux » sera tombé, la nouvelle dégradation programmée de l’ensemble du système de retraite solidaire, le passage à 41, 42, 45 annuités amputera à nouveau les retraites.

Ne perdons pas de vue non plus que la casse des régimes spéciaux a pour but la privatisation. Mme Idrac et M. Mongin ne s’en cachent pas : ils en ont absolument besoin pour « rentrer dans la concurrence ». Autant dire que la pression sur les salaires, les conditions de travail, les retraites sera très forte et balaiera les cacahouètes distribuées au compte-gouttes d’ici Noël. Si on laisse faire.

Les organisations syndicales laissent aujourd’hui les agents et les assemblées générales apprécier la situation.

Les communistes de la RATP-Bus sont pleinement engagés dans le mouvement avec leurs collègues. Dans les jours qui viennent, ils continueront à faire la démonstration des enjeux politiques majeurs pour tous les salariés et retraités, portés par la lutte pour le maintien des régimes spéciaux à œuvrer à la convergence des luttes.

Elle peut faire plier le gouvernement ! 

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