Embauches RATP : le même statut pour tous, le statut du service public !
Machinistes et ouvriers, nous sommes fiers de nos métiers qui répondent à un besoin réel et croissant des usagers, de la région et du pays. Nous effectuons un travail d’intérêt général qui est aussi un travail particulièrement éprouvant et pénible.
Générations après générations, les agents ont construit ce service public et ont conquis par leurs luttes des acquis sociaux importants que les autorités et la direction de l’entreprise ne cessent de remettre en cause pour aller à la privatisation de notre entreprise.
Nous continuerons à les défendre, à nous battre pour en gagner d’autres, avec nos futurs collègues, les jeunes qui seront embauchés dans les mois à venir.
La direction de le RATP fait actuellement beaucoup de bruit autour de son opération « Villebus ». Un bus sillonne les quartiers d’Ile-de-France pour présenter les emplois dont elle a besoin. En effet, elle est dans l’obligation de recruter plusieurs milliers de salariés en 2009, dont 2300 machinistes et 900 ouvriers de maintenance.
Grâce à nos luttes, la direction est obligée de compenser les départs. Nous nous en félicitons. Mais le compte n’y est pas. Quasiment aucun poste n’est créé malgré l’alourdissement de la charge de travail (ex : augmentation de la circulation en soirée et week-end).
Mais la direction essaie de faire passer sous silence le statut dégradé qui attend les nouveaux embauchés.
Le décret du 1er juillet 2008, suivant la contre-réforme de notre régime de retraite, prévoit que les agents recrutés après le 1er janvier 2009 ne bénéficieront pas des dispositions actuelles liées à la prise en compte de la pénibilité, des « bonifications » (entre autres le 1/5ème) qui permettent un départ anticipé à la retraite dans des conditions plus correctes.
En aucun cas, nous ne pouvons accepter ce « double statut », une nouvelle attaque contre tous, une nouvelle étape dans le processus de démantèlement du service public.
Qui peut accepter que la pénibilité soit prise en compte pour les uns et non pour les autres qui effectuent le même métier?
Qui peut accepter la division que la direction veut instaurer dans l’entreprise pour casser notre capacité de cohésion dans la lutte ?
Qui peut être dupe du maintien à terme des droits des agents actuels, rapidement minoritaires ?
La prise en compte de la pénibilité de nos métiers, en partant des conditions existantes, pour tous n’est pas négociable !
A nouveau, sur ce sujet, la direction tente de jouer l’entourloupe de la « négociation » pour faire passer de nouveaux reculs. Elles lient l’avenir des nouveaux agents aux « négociations » nationales sur la pénibilité qui sont au point mort depuis 4 ans. Alors que la prise en compte de la pénibilité à la RATP devrait servir de modèle pour les autres entreprises et secteurs, à commencer par les filiales, ces « négociations » partent de zéro.
Maintenant l’expérience est faite. L’ouverture de négociations, sans base préalable, au beau milieu de la mobilisation de novembre 2007, a été le moyen de court-circuiter notre mouvement, malgré l’ampleur de notre mobilisation, de celle des cheminots et des électriciens, gaziers…
Le double-statut est ainsi passé dans le décret, sans même avoir été évoqué dans les « négociations », desquelles ont été évacués tous nos objectifs de lutte : refus de l’allongement de la durée de cotisation et maintien des 37,5 annuités, refus de l’instauration de la décote, de l’indexation sur les prix…
Avec ces dispositions, le double statut, c’est une véritable double-peine pour les nouveaux embauchés et pour nous tous d’ici peu avec la suppression des bonifications.
Aujourd’hui, toutes nos batailles sont liées. La question du statut, des conditions de travail, retraites, salaires. Elles se heurtent et s’opposent au processus de mise en concurrence et de privatisation.
Vraiment le dossier des retraites n’est pas clos ! Tout ce que nous avions dénoncé en 2007 s’est révélé exact. La nouvelle étape de la casse de notre régime ouvre la voie à la suite de la casse du régime général (41, 42 annuités, etc) et a levé un obstacle à la privatisation de l’entreprise.
Notre pouvoir d’achat fait directement les frais de la privatisation. Officiellement 1,5% d’augmentation cette année, en fait 0,9 en moyenne, pour une inflation à 4% ! Dans le même temps l’excédent d’exploitation de la RATP a grimpé de 10% en 2007. Mais l’argent sert à acheter des opérateurs privés à l’étranger, à faire le lit des privatiseurs.
Aujourd’hui, la perspective politique part du développement des luttes.
Depuis notre bataille sur les retraites de novembre 2007, la mobilisation n’a jamais cessé à la RATP, toujours contre la même logique. En juin, les agents du RER B ont entamé une lutte d’un haut niveau contre la remise en cause de leurs emplois et conditions de travail, directement liée à la préparation de la mise en concurrence.
Dans tous le pays, les luttes se sont généralisées dans de nombreux secteurs: les enseignants et les lycéens, les agents de l’audiovisuel public, les agents des impôts… SNCF, Poste, RATP, les similitudes de situation sont plus étroites que jamais. Les postiers amplifient leur action et ont fixé une première grande journée d’action pour le 23 septembre contre la privatisation partielle.
Dans le privé aussi, les luttes se multiplient notamment pour les salaires, contre le sabotage des activités industrielles. Le 16 septembre a lieu à Amiens une manifestation nationale autour des ouvriers de Goodyear.
A chaque fois, la caractéristique de ces luttes est qu’elles portent l’intérêt général.
Pour nous communistes du collectif PCF-RATP-Bus, l’alternative politique immédiate se trouve dans ces luttes, dans leur convergence et non dans l’attente d’une éventuelle alternance en 2012. Ensemble, nous pouvons commencer à mettre en échec la politique au service du Medef.
Pour la RATP, nous avançons des axes de contre-offensive à l’attaque capitaliste contre notre service public:
Défense et extension du monopole public RATP-SNCF des transports urbains en Ile-de-France (extension aux réseaux de banlieue, à commencer par l’intégration pleine et entière des filiales de la RATP).
Rejet de l’application des directives et règlements européens de mise en concurrence. La casse des services publics avec l’UE n’est pas une fatalité, c’est un choix fait en France par le gouvernement. Les responsabilités du STIF et de la Région (et de son exécutif PS) sont aussi directement posées. Ils doivent cesser de préparer la marchandisation!
Nous vous proposons de venir en débattre à la Fête de l’Huma
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