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Aujourd’hui, 28 avril 2010, s’ouvre le congrès de la CGT RATP Bus. C’est notre syndicat, pour la plupart d’entre nous (les machinistes).
A titre d’information, à la veille de grandes batailles, dont celle des retraites, dans lesquelles notre parti s’engage résolument, nous publions une motion signée par 121 syndiqués. Cherchant à ouvrir le débat, ils reviennent sur les raisons de l’échec de la bataille des régimes spéciaux en 2007, sur les conditions de la construction des convergences de lutte, notamment pour les retraites, sur les axes de défense du service public nationalisé.
Les contacts se multiplient entre syndicalistes et responsables politiques. Marie-George Buffet et Bernard Thibault viennent de se rencontrer et de constater l’étendue de leur accord. En tant que militants communistes à l’entreprise, dans nos responsabilités, qui ne sont pas les mêmes que celles des militants syndicaux, nous nous retrouvons dans les analyses de nos camarades syndiqués. Elles sont utiles à notre combat commun.
Stéphane Auriol, pour le Collectif PCF RATP BUS
22e CONGRES DE LA CGT-RATP-BUS
SYNDIQUES, faisons-nous entendre !
Syndiqués, nous ne voulons pas que le congrès de notre syndicat passe à côté de questions majeures
Motion à l’initiative de syndiqués de plusieurs dépôts*, signée par 121 syndiqués CGT-Bus
Le 22ème congrès de notre syndicat, la CGT RATP Bus, se tiendra les 28, 29 et 30 avril 2010. A la majorité de la Commission exécutive sortante, un document d’orientation a été adopté et envoyé à tous les syndiqués. Nous en avons pris connaissance. Il est gravement insuffisant.
Nous décidons d’intervenir, de te proposer d’intervenir, par cette motion, parce que nous considérons que ce texte ne pose pas les questions cruciales, celles qui font débat dans les sections syndicales des dépôts, celles auxquelles nous devons répondre ensemble pour aborder dans un esprit constructif et combatif les prochains mois.
Le document n’est pas à la hauteur des attaques que les agents subissent, des grandes luttes nationales à
préparer, pour les retraites à nouveau, contre la suite du processus de privatisation de la Régie, la casse programmée de notre service public.
En premier lieu, notre syndicat ne peut pas se permettre de faire l’impasse sur l’analyse des raisons de
l’échec du mouvement de l’automne 2007. Pas une ligne ne s’y rapporte dans le document d’orientation alors que notre précédent congrès s’est
déroulé en octobre 2007, avant cette grande lutte. C’est irresponsable.
La conduite du mouvement de 2007 par les directions syndicales reste toujours en travers de la gorge d’un bon nombre de syndiqués et d’agents.
La mobilisation avait atteint des niveaux exceptionnels dans l’entreprise contre le projet du gouvernement de remise en cause de notre régime de retraite. Jour après jour en novembre, notre grève était en train de construire un solide rapport de force. De grandes possibilités de convergences de lutte avec d’autres secteurs d’activité apparaissaient.
Pourtant, au bout de 9 jours de grève, sans mandat, prenant à revers les grévistes et les syndiqués réunis en
assemblées générales, les directions syndicales, dont celle de la confédération et de l’Union CGT RATP, ont décidé d’accepter l’ouverture de négociation sur la base du
gouvernement.
Pour les syndiqués, cela a signifié bafouer les engagements que nous venions juste de prendre à notre congrès de la CGT-RATP-Bus.
Nous avions acté le refus de toute négociation sur notre régime, ce qui a été la base de l’engagement des agents dans la lutte. Précisément, nous avions défini quatre points fondamentaux non négociables : les 37,5 annuités de durée de cotisation, le refus d’une décote, le refus du double statut, l’indexation des pensions sur les prix. Ils ont été lâchés d’emblée dans les négociations « tripartites ».
Le sentiment d’avoir été trahis continue à peser très lourdement dans l’esprit des syndiqués. Il est capital que notre syndicat CGT-RATP-Bus tire toutes les leçons de cette expérience.
En second lieu, notre prochain congrès doit absolument affirmer les revendications sur lesquelles nous
allons baser nos luttes à venir. Le document d’orientation ne met plus aucune proposition précise en avant.
Cela revient notamment à acter l’abandon, de fait, des revendications fondamentales de notre syndicat, dans la continuité de la défaite de 2007. Cela nous laisse gravement à découvert devant les nouvelles attaques du pouvoir contre l’ensemble des régimes de retraite et en vue de la privatisation de la RATP. En tout cas, il est inacceptable d’esquiver les questions.
Devons-nous enterrer la revendication du retour aux 37,5 annuités ? La casse de cet acquis qui restait dans les régimes spéciaux a ouvert la voie à un nouvel allongement de la durée de cotisation dans tous les régimes. Pour le maintien de la retraite à 60 ans (RATP-exécution : 55 ans), la question du retour aux 37,5 annuités pour tous se pose plus que jamais.
Devons-nous nous résigner à ce que deux agents RATP, faisant le même travail, soient sous deux statuts différents ? La revendication du 1/5ème pour tous doit rester absolument centrale, sans entrer dans la négociation sur les propositions largement illusoires de la direction sur « parcours professionnel ».
Devons-nous accepter la fatalité de la suppression de notre régime spécial, le nivellement par le bas de tous les régimes ? La notion de « maison commune des retraites » avancée par la confédération CGT sème le trouble. Dans l’intérêt de tous, défendons et reconquérons notre régime spécial!
Devons-nous accepter comme des faits accomplis les étapes préalables qui conduisent à la privatisation ? Partout la mise en concurrence conduit à un recul désastreux du service public. Les directives et règlements
européens (dont OSP) sont largement contestés. Il n’y a pas à les accepter comme une fatalité, à les laisser prétexter la pression sur nos salaires, nos conditions de travail, au nom de la
« productivité ». L’objectif du maintien et de la reconquête du monopole public des transports d’Île-de-France, passant, entre autres par l’intégration des filiales RATP à l’entreprise
nationale, reste plus que jamais d’actualité.
Les revendications de notre syndicat doivent être mises en débat mais aussi le moyen de les défendre.
En troisième lieu, nous jugeons indispensable de mettre en débat au congrès les stratégies d’action syndicale suivies ces dernières années.
La succession des journées d’action ponctuelles, « saute-mouton », affaiblit la mobilisation et la prive de son efficacité. On l’a vu avec l’échec de la tactique des « temps forts » en 2003 sur les retraites. On vient de le voir au premier semestre 2009 où les manifestations par millions du 29 janvier et du 19 mars n’ont abouti à rien.
La recherche à tout prix de l’unité des appareils syndicaux ne peut pas aller jusqu’à être un frein à la mobilisation et aux rassemblements des salariés dans la lutte.
La CGT, syndicat largement majoritaire, avec tout ce qu’elle représente historiquement à la RATP et dans l’ensemble des entreprises, a un rôle majeur à jouer face à une attaque inédite contre les services publics et l’ensemble des acquis sociaux des salariés de notre pays.
Après les expériences de 2003 et de 2007, un malaise s’est développé parmi les agents, les syndiqués, une défiance vis-à-vis des directions de la CGT. Notre syndicat, CGT RATP Bus doit faire entièrement le choix de la lutte, de la défense des conquêtes sociales. Il est temps de corriger le tir ! La situation nous l’impose. Nous savons tous quel est le but du gouvernement.
La stratégie d’accompagnement a fait la preuve de son incapacité à riposter face au gouvernement, au patronat, à la direction de la RATP. La négociation ne peut pas être une revendication en soi, un préalable.
Du syndicalisme de négociation au syndicalisme de compromis, il n’y a qu’un pas. Ce n’est pas ce que les syndiqués, les agents attendent de la CGT. D’un syndicat de lutte, au contraire, ils attendent qu’il construise le rapport de force pour que les négociations s’ouvrent sur la base des revendications des salariés.
Notre démarche s’inscrit dans l’objectif de faire vivre et renforcer la CGT.
Le congrès étant le lieu où les syndiqués doivent s’exprimer et décider de l’orientation et de la stratégie de leur syndicat, nous demandons que ce texte soit pris en compte et débattu au 22ème congrès de notre syndicat CGT- RATP- BUS qui se tiendra les 28, 29 et 30 avril 2010.
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