Une victoire à Toulouse!
Extrait de l'Humanité du 18/11/05
Toulouse choisit le public
C’est voté, les transports collectifs de toute l’agglomération toulousaine seront gérés par une régie publique à partir du 1er janvier 2006. Cette décision prend une tournure particulière au moment où les traminots marseillais de la RTM sont engagés dans un rude bras de fer contre la délégation au privé. Les vingt-deux membres du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC) (1) se sont prononcés hier matin sur le mode d’exploitation des transports dans un secteur regroupant près de 800 000 personnes. Pour un an, depuis le 1er janvier 2005, la Connex gérait par délégation. Plus de transparence: Douze voix - les représentants PS du conseil général et des deux autres syndicats - se sont prononcées en faveur de la régie publique. Les neuf membres de droite délégués par le Grand Toulouse, dont Jean-Luc Moudenc, maire UMP de la Ville rose et président du SMTC Tisseo, ont voté pour la délégation de service public (DSP) souhaitant reconduire le contrat avec la Connex. Le maire de Blagnac (PRG) a voté blanc. « Je suis pour la DSP, mais j’appartiens à une famille de gauche qui est contre. » Avant le vote Jean-Jacques Mirassou devait argumenter le choix des élus socialistes pour un service public « plus transparent dans la gestion, plus efficace et plus sécurisé » pour les usagers. « Nous souhaitons que l’argent public soit investi dans ce but, ajoutait-il, plutôt que de donner à une société privée la possibilité de faire des bénéfices sur des infrastructures que nos collectivités ont financées. Après avoir fait remarquer que les représentants PS avaient voté pour la DSP en novembre 2003, Jean-Luc Moudenc a dénoncé ce qui, selon lui, apparaît comme « un véritable ostracisme contre le privé ». Minoritaire après le changement de position des élus PS, la droite toulousaine n’avait pas hésité en février dernier à exclure de la représentation du Grand Toulouse au SMTC les deux opposants les plus résolus à la concession au privé, le maire communiste de Saint-Orens et l’élu (Verts) de Balma. Traminots satisfaits. Dans une déclaration lue à l’issue du scrutin, le maire de Toulouse, amer, a qualifié de « triple défaite » le choix d’une régie publique des transports. Comme président du SMTC Tisseo, il a toutefois précisé qu’il appliquerait la décision, et qu’il ne mettrait pas à exécution ses précédentes menaces de dissolution du syndicat mixte. Pour la CGT de Tisseo, seul syndicat s’étant prononcé pour une régie publique, Jean Fort a exprimé la satisfaction des traminots : « C’est un ballon d’oxygène pour tous ceux qui revendiquent le retour au public. Nous devons maintenant avec ce même état d’esprit contribuer au développement des transports toulousains pour répondre aux besoins populaires. » Le Collectif toulousain pour une gestion publique a joué un rôle incontestable. « Nous nous réjouissons d’autant plus de cette décision que nous agissons dans ce sens depuis plus de deux ans », soulignait l’un de ses animateurs, le communiste Bernard Marquié. Maintenant, a-t-il ajouté, tout reste à faire : « Une régie c’est bien, une régie avec les salariés et les usagers, c’est encore mieux, et nous avons les moyens d’une politique ambitieuse des transports toulousains. » Le président (PS) du conseil général de Haute-Garonne, Pierre Izard, a apprécié « la sagesse » de cette décision, en souhaitant que « le passé soit maintenant oublié, pour que tout le monde, rassemblé, puisse travailler dans le cadre du SMTC ». (1) Sur vingt-deux membres, dix sont désignés par le conseil général de Haute-Garonne, dix par la communauté d’agglomération du Grand Toulouse, les deux autres sièges étant accordés à deux autres syndicats mixtes de l’agglomération, le SICOVAL et le SITPRT. Alain Raynal