Grève le 27 novembre 2009 au TBC (Transports de Bordeaux) – Grève à partir du 4 décembre 2009 aux TCL (Transports de
Lyon) :
Dans le jeu de la concurrence, Keolis le plus antisocial ?
Le rapport « particulier » de la Cour des comptes sur la RATP, bizarrement divulgué au moment de l’examen du projet de loi sur le Grand Paris, fait l’éloge de la concurrence et salue notamment les bus lyonnais dont l’exploitation reviendrait 33% moins cher que ceux de la RATP.
Outre que la Cour compare ce qui n’est pas comparable, nous refusons de rentrer dans le jeu de la concurrence, par nature faussée et déloyale, parce qu’elle est conçue dans le seul intérêt des profits des quelques firmes, Veolia, Keolis, demain peut-être la RATP qui constitueront l’oligopole privé dominant le secteur des transports urbains.
Leurs profits se feront contre les conditions de travail, l’emploi et les salaires, contre le service public, contre les contribuables locaux, même si c’est parfois avec la complicité des élus locaux.
Deux exemples d’actualité, soulevés par les luttes nos collègues de province, permettent d’en juger.
A Bordeaux, 85% des machinistes des bus et tramways ont fait grève vendredi 27 novembre 2009.
Dans le jeu de la concurrence, la Communauté urbaine a transféré en 2008 l’exploitation des TBC de Veolia à Keolis (dans une autre ville, ce sera l’inverse ! c’est le jeu de l’alternance), sur la base d’une réponse à l’appel d’offre plus alléchante en termes d’extension du réseau et de limitation des coûts.
Ce dont étaient parfaitement informés les élus, c’est que les moyens humains et matériels sont très insuffisants pour faire face à l’augmentation promise de l’offre de transports (extension des horaires et des lignes).
Immanquablement, Kéolis, au bout de même pas un an, se sert de cette réalité comme prétexte pour mettre la pression sur les personnels et s’attaquer aux acquis sociaux des personnels. Les embauches se font hors statut et sont très insuffisantes. La direction prétend remettre en cause l’ensemble des acquis des accords d’entreprise passés, par exemple les roulements de repos, les temps de transports… Elle voudrait que les machinistes du bus puissent être réaffectés en urgence au tram. Etc.
En résumé, la collectivité paie les infrastructures de la poche des contribuables. Keolis pressure les salariés. Keolis enregistre les profits ! Et obtient un bon point de la Cour des comptes !
La force de la grève a fait en partie reculer la direction jusqu’au renouvellement de la convention collective en 2010. Le niveau de mobilisation reste très fort.
A Lyon, aux TCL, la situation est rigoureusement identique. Nous l’avons relaté plusieurs fois. Depuis 18 mois, la direction, Keolis aussi, tente par tous les moyens, avec le soutien honteux des élus de « gauche », Maire de Lyon en tête, de supprimer tous les acquis sociaux historiques des TCL, issus d’accords d’entreprise parfois vieux de 70 ans.
Avec un haut sens de la responsabilité, les organisations syndicales ont engagé un premier mouvement en avril, l’ont interrompu en mettant la balle dans le camp des directions et tutelles et en gardant le potentiel de mobilisation.
Comme rien n’avance, elles ont engagé un deuxième temps du mouvement en octobre. La réponse de la direction et des élus a été de lancer une campagne de dénigrement démagogique, aux relents nauséabonds, contre les salariés, en particulier à l’occasion de l’incendie, non élucidé, d’un dépôt.
A nouveau, les responsables syndicaux ont choisi de préserver les forces pour reprendre le mouvement après avoir placé la direction devant ses contradictions et avoir éclairé le plus possible les usagers.
Samedi 5 décembre, devant la surdité persistante de ces directions, ils reprennent le mouvement.
Au début de l’année, Keolis, filiale privée de la SNCF, se flattait d’avoir augmenté son excédent brut d’exploitation de 19,3% en 2008, soit 230 millions d’euros. On sait d’où sa vient !
Avec nos collègues de Lyon et de Bordeaux, au niveau de l’Ile-de-France, refusons de rentrer le jeu pervers de la concurrence ! Défendons nos statuts, nos acquis sociaux (déjà très insuffisants), le service public ! Mettons, notamment à l’occasion des élections régionales, chacun devant ses responsabilités !
La réponse aux besoins passe par la défense et la reconquête des monopoles publics de transport.
Grand Paris/éclatement de la RATP : ça sent l’embrouille !
Le projet de loi sur le Grand Paris va être voté ce mardi 1er décembre 2009 par l’Assemblée nationale après examen en première lecture. Il ne passera pas au Sénat avant février, ordre du jour calculé pour égayer la campagne des élections régionales.
Une disposition, introduite avant la discussion par un amendement des députés UMP Albarello et Carrez, menaçait la RATP d’éclatement avec la constitution de deux entités juridiques en son sein, l’une ayant la charge de l’exploitation, l’autre des infrastructures selon le modèle RFF/SNCF. Nous l’avons étudiée et dénoncé dans un précédent article comment elle participe de la logique de concurrence et de privatisation.
Le gouvernement l’a fondamentalement modifiée à l’Assemblée. Il n’est plus question de séparation « juridique » mais d’une simple séparation « comptable » qui coule de source.
Dans ces conditions, comme l’ont fait remarquer certains députés, on ne comprend pas pourquoi cela devrait figurer dans la Loi.
Ce qui est sûr, c’est que l’affaire a fait un peu de bruit et a permis à quelques personnalités de gauche de se positionner contre le gouvernement à propos de l’avenir de la RATP.
Mais le problème, c’est que le président PS sortant de la région et du STIF, Jean-Paul Huchon pour ne citer que lui, revendique lui-même depuis des années, et en insistant encore, l’éclatement de la RATP. Les infrastructures, le patrimoine et les droits patrimoniaux, il les veut pour la Région et pour qu’elle puisse organiser la concurrence le plus tôt possible.
Communistes, nous n’avons qu’une seule boussole, celle de la défense du service public nationalisé RATP et de son intégrité et nous combattons la privatisation rampante d’où qu’elle vienne.
La fuite n’est pas fortuite. Un journal qui se veut irrévérencieux (« Backchich ») prétend s’être procuré un rapport « d’étape » de la Cour des comptes sur la RATP qui n’était soi-disant pas destiné à publication.
Ces « révélations » tombent juste au moment où commence l’examen du projet de loi sur le Grand Paris, alors que le pouvoir sarkozyste accentue sa campagne pour la mise en concurrence des transports urbains en Ile-de-France.
Elles coïncident aussi avec la publication d’un rapport, celui-là officiel, de la Cour qui accuse, avant les régionales, le statut des cheminots et celui de la SNCF ainsi que son monopole public d’être à l’origine de « surcoûts » pour les Régions dans l’exploitation des TER. Les régions, asphyxiées financièrement par la réforme territoriale, sont incitées à délaisser le service public pour recourir à des transporteurs privés par car, à l’emploi précaire…
Car, en fait de « révélations », il n’y a jamais rien d’autre à attendre des rapports de la Cour des comptes que des éléments chiffrés tendancieux, parés de la robe de magistrat du bon Monsieur Seguin (ex-ministre RPR qui supprima l’autorisation préalable de licenciement), destinés à légitimer la politique de casse sociale du pouvoir national et éventuellement régional.
Concernant la RATP, la Cour accuse ses autobus de coûter 50% plus cher que ceux de Lyon ou de villes étrangères. Chiffre sorti d’on ne sait où, ne tenant compte d’aucune particularité locale. La récente grève des collègues des TCL a donné une idée de la dégradation de la situation sociale et des conditions de travail à Lyon.
La Cour accuse pareillement le réseau ferré d’être de revenir à 20% plus cher qu’une concurrence privée éventuelle. Elle n’hésite pas à pointer le niveau de nos salaires !
L’expérience de la mise en concurrence des services publics, on la connaît !
Pour nourrir le profit privé et les dividendes des actionnaires, les tarifs infligés aux particuliers, aux collectivités, aux petites entreprises explosent.
La Cour des comptes n’a qu’à diriger son regard vers l’évolution des prix de l’électricité, du gaz, des communications sans fil ou regarder dans ces pays étrangers qu’elle cite si facilement. Dans le même temps, les salaires sont pressurés, l’emploi l’exploitation poussée au maximum (France Télécom !) etc…
Mais la Cour des comptes ne compte que les données qui vont dans le sens qu’on lui commandite !
PS : Quand elle mesure que la vitesse commerciale du T3 reste très en deçà des annonces, 16,5 km/h contre 20 et même 24 annoncés au début, elle ne découvre rien ! Elle et la direction de l’entreprise n’avaient qu’à écouter les machinistes dès le début, formés, lucides et préoccupés de la sécurité et de l’emploi.
Grèves des agents de la maintenance le 23 novembre 2009
A l’appel de la CGT (GISO), les agents de la maintenance RATP étaient appelés à la grève le 23 novembre, un mouvement largement suivi dans certains dépôts.
Les revendications sociales portées par les grévistes affrontent la politique de privatisation rampante de la direction de la RATP. La maintenance se trouve au centre des menaces liées à un éclatement de l’entreprise intégrée et à une séparation entre les infrastructures et l’exploitation des réseaux.
Sur les retraites, les revendications de prise en compte de la pénibilité du travail heurtent directement le scandale du double statut imposé depuis le 1er janvier aux nouveaux embauchés à la suite de la contre-réforme du régime spécial.
Sur l’emploi, la poursuite des suppressions d’effectifs correspond à une privatisation de fait d’un nombre toujours plus élevé de prestations.
La logique de rentabilité financière et de mise en concurrence sévit au mépris des conditions et de la qualité du travail.
Aussi la lutte des agents de la maintenance avec leurs organisations syndicales pour la défense de l’entreprise intégrée RATP et de son avenir industriel s’inscrit-elle entièrement pour nous dans la bataille politique globale contre la marchandisation des transports urbains en Ile-de-France, contre l’application du règlement européen, pour le monopole public RATP/SNCF.
Après les grèves du RER B et du RER A la semaine précédente, la construction du rapport de forces contre la privatisation avance.
La marchandisation et de privatisation des services publics suit un modèle européen.
On commence notamment par séparer la gestion des réseaux des activités d’exploitation.
Ainsi Réseau ferré de France, RFF a-t-il été coupé de la SNCF, RTE d’EDF, etc… Le but est de créer les conditions de la mise en concurrence sur la partie la plus souple et la plus rentable de l’activité des grands services publics nationaux, tout en laissant les coûts d’infrastructure le plus possible à la charge de la collectivité.
Concernant la RATP, les privatiseurs ne cessent d’imaginer comment ils vont pouvoir faire passer ce scénario, notamment pour le réseau souterrain, malgré l’opposition des salariés et aussi le bon sens commun sur lequel notre lutte peut s’appuyer : séparer les stations de métro de l’exploitation du métro, quelle absurdité !!
Le 21 septembre dernier, le gouvernement faisait voter un amendement modifiant l’ordonnance de 1959 sur la RATP. Nous l’avons analysé en détail (voir ci-joint). Sur le maintien de l’unité de l’entreprise RATP, le gouvernement a donné un gage en transférant à la RATP la totalité de la propriété du patrimoine et des droits patrimoniaux liés aux infrastructures.
Bien sûr, nous ne sommes pas dupes des projets de filialisation et de privatisation qui expliquent l’arbitrage du gouvernement. Et on va le voir, nous avons raison !
Mais la disposition a au moins repousser les prétentions du président PS Jean-Paul Huchon du STIF et de la région Ile-de-France, manifestées depuis plusieurs années, à faire main basse sur le patrimoine RATP pour organiser la mise en concurrence sur l’ensemble du réseau.
Arrive maintenant le projet de loi sur le « Grand Paris ». Il sera discuté à partir de la fin novembre 2009 à l’Assemblée nationale. La Commission de l’Assemblée dite « du développement durable » a fini son travail d’examen préalable.
Elle a adopté à son tour un amendement le 12 novembre qui sera soumis au Parlement et qui établit « une séparation juridique entre l’activité de gestion de l’infrastructure et celle de l’exploitation des services » afin, pour reprendre les mots des députés UMP Carrez et Albarello, que « la création d’un gestionnaire d’infrastructure du réseau métro affecté au transport public urbain de voyageurs en Ile-de-France ne devienne pas un obstacle à l’ouverture à la concurrence dudit réseau ».
Sans doute tactiquement, histoire de se répartir les rôles, le secrétaire d’Etat Christian Blanc a demandé le retrait de l’amendement en commission mais n’a pas été suivi.
Eclatement de la RATP, mise en concurrence, privatisation : le pouvoir y revient systématiquement, par les moyens détournés et au tempo qu’il juge le plus efficace pour embrouiller la résistance.
Le maintien du monopole RATP sur le réseau historique, jusqu’en 2039 pour le métro, n’est pas un obstacle à la mise en concurrence plus précoce des lignes prolongées…
La force de la mobilisation des collègues du RER B a montré à nouveau notre potentiel de résistance, d’autant que toutes les questions, toutes les revendications sont liées à la poursuite du processus de privatisation.
Non à l’éclatement de la RATP ! Non à la privatisation ! Non à la mise en concurrence mais oui au monopole public RATP/SNCF sur les transports urbains en Ile-de-France !
Déjouons les tours du gouvernement, mettons chaque acteur politique devant ses responsabilités !
Grève massivement suivie aux RER A et B : les revendications pointent directement la politique de privatisation
Des emplois supprimés: du retard sur toute la ligne!
Ce 9 novembre 2009, la grève des personnels RATP des lignes A et B du RER à l’appel de leurs syndicats majoritaires (et de personnels SNCF du RER B) est massivement suivie, à plus de 85%. Elle suit plusieurs grandes mobilisations dans l’année, particulièrement sur le RER B, auxquelles les directions ont refusé de répondre sur le fond.
Cela ne peut plus durer. La recherche de la rentabilité financière sur le réseau historique RATP, pour, comme l’a proclamé le PDG Mongin, partir à la conquête de marchés étrangers et rentrer dans les « TOP 5 » des firmes mondiales de transport urbain, a des conséquences de plus en plus insupportables pour l’exécution du service public, les conditions de travail et de rémunération.
La fin de l’interconnexion RATP/SNCF à gare du Nord pour le RER B a été surtout le moyen de supprimer des personnels, des temps de pause. Pour le STIF de Huchon, elle rentre dans une logique de mise en concurrence de toute la ligne à termes.
Sur le RER B comme sur le A, les sous-effectifs se font de plus en plus lourdement sentir. D’autant que les directions tentent de supprimer les « glissements » dans les terminus. Preuve que les restructurations n’ont pas pour but d’améliorer la régularité des rames pour les usagers mais pour conséquence de la dégrader.
Comme dans toute l’entreprise, les salaires, notamment les salaires de base, sont scandaleusement bloqués.
L’annonce par Mongin d’un bénéfice en hausse de 16% pour le 1er semestre 2009, malgré la « crise », traduit l’intensification de notre exploitation. Dans le but néfaste que Sarkozy lui a assigné.
La force de la mobilisation des collègues du RER est un formidable encouragement pour tous les salariés de la RATP.
Il montre, après le contrecoup de la bataille des retraites d’il y a deux ans, que les rassemblements très larges nécessaires sont possibles dans les attachements pour mettre en échec la politique de privatisation rampante, défendre et regagner les conditions du service public.
Le moment est particulièrement important, à la RATP et à la SNCF, avant l’examen du projet de loi sur le Grand Paris, l’entrée (soi-disant) en vigueur du règlement européen de marchandisation, la campagne des élections régionales.
Le moment est encore d’autant plus important que les mobilisations pour le service public se développent partout : à la SNCF après la grève du 20 octobre, au Pôle emploi, à France Telecom…
A l’éducation nationale, maintenant à La Poste, demain sans doute dans l’ensemble de la fonction publique, une journée nationale de grève est fixée au 24 novembre 2009. Après le développement à l’échelle du pays du mouvement contre la transformation de La Poste en SA et la marchandisation du courrier, les conditions d’un mouvement d’ensemble pour gagner, pour commencer à mettre en échec la politique du pouvoir, existent.
Objectivement ! Communistes, nous mettrons toutes nos propositions et initiatives pour y contribuer.
| Solidaires avec les cheminots ! |
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Communiqué du Bureau Politique |
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Le processus de démantèlement de notre société de chemin de fer se poursuit. Après avoir scindé en 2008 la société en trois structures distinctes chapeautées par la holding SNCB, la gestion démontre quasi au quotidien une volonté des dirigeants d’en finir avec l’entreprise publique du rail, d’en finir avec le service public. Le fait, comme le font les dirigeants de la SNCB, de s’en remettre à la « volonté des clients », c’est-à-dire au marché est une fumisterie qui ne trompe personne. Le projet de filialiser le transport des marchandises (le fret) n’est qu’une étape supplémentaire (sans doute qualitativement déterminante étant donné l’importance de ce secteur du transport) vers la privatisation progressive de ce service public. Cette filialisation a pour but de créer une société de droit privé afin d’ouvrir la voie à la casse sociale. Les cheminots l’ont bien compris : la suite se déclinera en dégradation du statut du cheminot, en pertes salariales, en recours de plus en plus fréquent à la sous-traitance, en dommages irrémédiables pour la sécurité des agents et des usagers,… L’argument est toujours le même : on perd de l’argent. Mais est-ce un hasard ? Le transport par rail subit une concurrence déloyale du transport routier devenu hégémonique (+ de 80% du transport total de fret), lequel ne paie pas le coût réel et « offre » souvent des conditions de travail déplorables. Pourquoi ne pas prélever une taxe sur le transport routier afin de la réinjecter dans le rail ? Cela permettrait d’inverser la tendance et de sauver un service public. Cela réduirait l’engorgement de nos routes et, élément crucial à l’heure du combat contre le réchauffement climatique, cela ferait baisser la pollution (le train émettant beaucoup moins de CO2 que le camion à la tonne transportée). Ce laisser-faire au nom du « libre-marché », c’est le résultat de la volonté de l’Europe ultra-libérale exprimée dans le Traité de Lisbonne, clone de feu le Traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas mais avalisé par tous les partis francophones du gouvernement fédéral, opposition écolo comprise. Cela explique sans doute le silence assourdissant de ces partis face au drame social qui se trame à la SNCB. C’est la raison pour laquelle le Parti Communiste exprime sa totale solidarité avec l’action de grève décidée par les cheminots ce jeudi 5 novembre.
Le Bureau Politique du Parti Communiste Wallonnie Bruxelles |
Le conseil national du PCF sur les régionales des 24 et 25 octobre
La réunion du Conseil national du PCF des 24 et 25 octobre était consacré à la préparation des élections régionales. A la majorité, le CN propose aux communistes de se présenter sous des listes du Front de gauche, si possible autonomes du PS au 1er tour, et de tout faire pour constituer des majorités de gauche dans les Régions.
L’expérience nationale, comme régionale, nous fait douter du bien fondé de cette option.
En quoi les régions gérées par la « gauche » ont-elles réellement servi à contrer les choix de la droite au pouvoir. Singulièrement sur la question des transports qui l’une de leurs principales prérogatives et où force est de constater que les régions de gauche ont préparer et accompagner la perspective de mise en concurrence des réseaux conformément aux directives européennes d’ailleurs adoptées conjointement par la droite et les socio-démocrates dans les pays de l’UE.
En quoi la poursuite de l’effacement du PCF et de ses positions avec des groupuscules aux marges du PS, dont les ex-PS du PG comme Mélenchon et leurs très petites troupes permet-il de peser plus à gauche ? On a connu déjà cette expérience en 2004 en Ile-de-France avec des listes au 1er tour du type « Front de gauche », « gauche populaire et citoyenne » dont les élus suivent exactement la politique de Huchon.
Stéphane Auriol, secrétaire de notre collectif, n’a malheureusement pas été reconduit au CN lors du congrès de décembre 2008. Notre camarade Claude Fainzang, de la fédération de Paris (section Paris 19ème) a pu aborder dans son intervention du 24 octobre plusieurs points qui nous concernent. Elle a mis en débat les positionnements de Huchon contre le service public d’entreprise publique, contre les renationalisations, ses prétentions maintenant à « dépecer la RATP de son patrimoine » pour organiser la mise en concurrence au niveau régional, contre la position des syndicats dont la CGT.
Elle n’a pas obtenu de réponse même des conseillers régionaux d’Ile-de-France présents.
Elle a également rappelé, au moment où d’autres régions font le choix de l’industrie en France (juste avant les élections et en temps de crise… mais quand même) comment Huchon a choisi en 2006 le moins-disant social et la production majoritairement dans les pays à bas coût pour le renouvellement des trains de banlieue en attribuant ce « marché du siècle » (2,7 milliards d’euros) au groupe canadien Bombardier contre Alstom. Nous étions intervenus sur cette question.
En tout état de cause, nous comptons utiliser la campagne des régionales pour mettre en avant les vraies questions de l’avenir du service public, de la RATP, entreprise nationale, la défense de son statut et de celui des agents, la (re)conquête d’un monopole public RATP/SNCF des transports d’Ile-de-France.
Une liste de rassemblement, clairement présentée par le PCF, serait évidemment beaucoup plus opportune pour porter ces positions comme en général les choix de rupture immédiats que demande le développement du mouvement social.
Les recommandés de La Poste délivrés par la RATP au métro Simplon : la provocation réalisée!
Dans un article précédent, nous avons dénoncé l’opération conjointe des directions de La Poste et de la RATP pour s’épauler dans leur sale besogne de privatisation.
Distribuer des recommandés aux guichets du métro alors que la direction de la RATP supprime la vente des tickets de transports et que la direction de la Poste a fermé près de 140 guichets dans les bureaux parisiens : c’est une véritable provocation.
C’est bien ainsi qu’il faut interpréter le passage à l’acte à la station Simplon depuis le 26 octobre et l’acte de communication qu’il représente alors que la mobilisation pour la défense du service public de La Poste s’étend.
Pratiquement aucun habitant ne s’est inscrit pour recevoir ses recommandés au métro et très peu le feront.
Que vise la provoc ? A détourner l’attention de l’attaque fondamentale par une attaque outrancière, qui permet aussi de mettre en avant toutes les oppositions, même les plus modérées au nouveau projet de loi antipostale? Peut-être.
En tout cas, suivant les organisations syndicales et notamment la CGT, nous appelons encore plus fort, à partir de cet exemple de l’absurdité de la privatisation pour le service public, à la convergence des luttes, en particulier entre agents de la RATP et postiers.
La grève à la SNCF du 20 octobre est un jalon dans la construction d'un mouvement plus vaste, à la SNCF d'abord, dans le
service public en général. C'est ce qui ressort de l'analyse du succès de la grève sur les thèmes fondamentaux avancés par les syndicats pour l'avenir du service public. Mise en place de la
concurrence au ,nom de l'UE, rachat de réseaux à l'étranger, éclatement de l'entreprise,filialisation: vraiment c'est la même politique que nous combattons à la RATP et à la SNCF.
SNCF : les grèves que les media minimisent, le plus souvent, sont les plus significatives ! (article PCF Paris 15)
Le 20 octobre 2009, les cheminots étaient appelés à la grève par trois organisations syndicales. C’était la première journée de grève nationale à la SNCF depuis un an, suivant de nombreuses luttes locales.
Le succès de cette grève « carrée », d’un seul jour, malgré la compromission active et le travail de sape du syndicat autonome, montre le potentiel de mobilisation des cheminots pour s’opposer à la privatisation rampante, en commençant par celle de l’activité fret.
La direction de l’entreprise, le gouvernement, les media à sa botte, s’en sont bien rendu compte et se sont efforcés d’en minimiser l’impact.
En chiffres d’abord. Après avoir reconnu 30% de grévistes, la direction a revu son chiffre à 21,7%. En réalité, 31,6% du personnel, toutes catégories confondues, a fait grève, jusqu’à 34% à 16h30.
Les media, qui nous ont habitués, même avec des taux de grévistes très inférieurs, à montrer des « usagers » excédés pour les dresser contre les cheminots, ont choisi cette fois, de mettre l’accent sur le niveau de trafic maintenu malgré la grève.
Alors qu’avec le « service minimum », et l’obligation scandaleuse de se signaler 48 heures auparavant, la direction connaissait exactement les conséquences du mouvement, elle a feint de constater un meilleur niveau de circulation que prévu.
Nous ne pouvons y voir qu’une campagne pour démoraliser les cheminots grévistes ou non avant une éventuelle confrontation beaucoup plus dure dans les semaines et mois à venir.
Le mouvement du 20 octobre était en effet fort aussi de son contenu.
Au sujet du fret, il a dénoncé la casse prévisible de 6000 emplois, les effets sur l’environnement des transports par camions remplaçant les wagons isolés, complètement en contradiction avec le discours gouvernemental sur le « Grenelle de l’environnement », la privatisation en voie, le mensonge des 7 milliards d’euros d’investissements annoncés.
Il a su aussi faire le lien avec la poursuite de la privatisation rampante de toute l’entreprise, son éclatement en 5 entités, les conséquences pour les usagers (dégradation du service, tarifs…).
Alors que le mouvement contre le projet de loi de casse du statut de La Poste et de marchandisation du courrier se développe fortement, que des journées de lutte sont prévues, notamment dans l’Education nationale le 24 novembre, que la mobilisation s’étend dans l’industrie, le pouvoir redoute une action de grande ampleur à la SNCF (et à la RATP), un nouveau novembre/décembre 95 en 2009 !
Voilà pourquoi il essaie d’étouffer les conditions objectives qui existent pour le construire.
Plus que jamais, l’heure est à la convergence des luttes !
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